Une centaine de poules tuées par des chiens au Vauclin : « Je suis en colère contre les propriétaires », peste un éleveur
Une centaine de poules ont été tuées ce week-end par des chiens au Vauclin. Démunis face aux pertes financières, les éleveurs dénoncent l'irresponsabilité des propriétaires et réclament des opérations de capture d'urgence.
C’est un véritable massacre qui s’est produit ce week-end au sein de "L’espace Animalier", situé dans le quartier La Boue au Vauclin.
Une centaine de poules ont été tuées lors d’une nouvelle attaque de chiens, une tragédie qui est loin d'être une première pour cette exploitation.
Un massacre à plus de 2 000 euros
Lorsqu’il est arrivé sur son domaine lundi matin (31 août), l’éleveur Fred Dominique Saban n’a pu que constater l’ampleur des dégâts :
C'est assez impressionnant. Il y avait un poulailler qui n'abritait que des jeunes poules, réservées pour la reproduction de l'année prochaine. Ils avaient pratiquement une centaine de poules et ils ont tout tué. Ils ont carrément mangé le grillage pour entrer : il y a un sacré grand trou. Vu les empreintes de pattes qui sont vraiment énormes, il y avait au minimum trois chiens. Ils ont s'en sont pris un peu à tout : des pintades blanches, des Ayam Cemanis, des Vorwerk…
On a commencé à évaluer la perte : on dépassait déjà les 2 000 euros, alors on a préféré arrêter, ça ne vaut pas le coup. On va évaluer pour qui ? De toute façon, il n'y a pas de remboursement, il n'y a rien. Comme nous avons plusieurs petits poulaillers, nous sommes en train de tout recommencer et de sécuriser les autres. Les chiens vont revenir, il faut s'attendre à ça. Mais il faut acheter du grillage, et un mètre coûte 27 euros… Il y a un réel coût derrière.
L'irresponsabilité des propriétaires dénoncée
Depuis le début de l'année, ce sont déjà 650 animaux qui ont péri sous les crocs de chiens errants ou divagants en Martinique, soit autant sur ces quelques mois que sur l'ensemble de l'année 2025.
Pour l’éleveur, la responsabilité ne incombe pas aux animaux eux-mêmes. Fred Dominique Saban adresse un appel direct aux propriétaires :
Je ne suis même pas en colère contre les chiens, je suis en colère contre leurs propriétaires qui sont inconscients. Si le propriétaire ne lâche pas son chien et n'ouvre pas sa barrière pour le laisser se promener la nuit, il n'y a pas d'attaque. Attachez vos chiens, enfermez vos chiens. À ce moment-là, il n'y a plus de souci.
On nous dit aujourd'hui, à nous éleveurs, que nous devons renforcer la sécurité pour nos animaux. J'en ai déjà rajouté l'an dernier parce que j'avais déjà subi une attaque, mais cette année, je ne peux plus. Ça coûte beaucoup trop cher de renforcer les grillages, de mettre des poteaux plus solides ou de l'électricité… Non, c'est vraiment trop cher, nous ne pouvons pas. Et est-ce qu'on pourra retrouver les propriétaires de ces chiens ? Non, ce n'est jamais leur chien. J'ai déjà fait la démarche une fois, ce n'était pas le leur. En tant qu'éleveurs, nous aimons les bêtes, nous ne pouvons pas nous permettre de tuer un chien comme ça. Nous sommes tout simplement impuissants.
Un appel urgent à des captures de masse
Pour Lionel Claveau, président de l’Association de Protection et de Promotion des Animaux d’Élevage de Martinique (APPAEM) créée il y a un an, la concertation a atteint ses limites.
Les réunions avec la préfecture, la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) et la DAAF doivent désormais céder la place à des actions concrètes sur le terrain :
Le problème ne sera pas réglé tant qu'il n'y aura pas d'argent sur la table. Il faut que les maires organisent des captures de masse sur plusieurs communes simultanément, et pour cela, il faut des moyens financiers. Nous avons la chance d'avoir une fourrière en Martinique qui fonctionne et qui a la capacité d'accueillir des chiens. Maintenant, il faut que le travail soit fait. Ça ne sert à rien de multiplier les réunions : il faut mettre l'argent sur la table.
Dans un premier temps, c'est la responsabilité des propriétaires de chiens. Mais quand les chiens n'ont pas de propriétaire et sont dits errants, c'est la responsabilité des maires. Il faut que les maires et les intercommunalités se réunissent pour orchestrer des captures de masse. L'idée est de cibler trois ou quatre communes limitrophes et de ramasser les chiens ensemble, puis de changer de zone. Car si vous faites une capture uniquement au Vauclin aujourd'hui, les chiens se déplacent vers Rivière-Pilote, le Saint-Esprit ou le Marin… Plusieurs communes doivent se regrouper et mener ces campagnes conjointement. Mais pour faire appel à des captureurs professionnels, il faut du budget.
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