Navire de collecte, filets intelligents... Une dizaine projets anti-sargasses présentés au Marigot
Réunis au Marigot ce jeudi 10 septembre, les maires du Diamant, du Marigot, du Vauclin et du Robert ont découvert une dizaine d'innovations locales contre les sargasses, dont le "Sarga-jet", un module capable de capturer 10 tonnes d'algues au large.
Près de trois heures d'échanges pour lutter contre le fléau des sargasses.
Ce jeudi (10 septembre), la mairie du Marigot a accueilli une présentation de projets innovants destinés à faire face à la prolifération de ces algues toxiques.
Une dizaine d’initiatives, navire de collecte innovant, filets intelligents ou encore pistes de revalorisation, ont été exposées devant un public composé d’élus locaux (maires et députés), de représentants du GIP Sargasse et de riverains.
Portée par les municipalités les plus durement touchées, telles que Le Diamant, Le Marigot, Le Vauclin ou Le Robert, cette rencontre visait à mettre en lumière des solutions alternatives viables pour répondre aux problématiques du territoire.
Un front commun municipal et interpeller l'État
Cynthia Yerro, maire du Marigot, rappelle les objectifs clés de cette initiative collective :
L'objectif était de montrer à la population et aux décideurs publics qui sont présents qu'il y a d'autres solutions qui existent et qui peuvent nous apporter un peu de soulagement dans la lutte contre les sargasses. Nous attendons aller un peu plus loin que le simple constat, puisque nous avons engagé une démarche avec d'autres maires impactées par les problèmes des algues-sargasses. Nous souhaitons solliciter la ministre des Outre-Mer pour un entretien au cours duquel ils lui seront remis un dossier qui explicite toutes les dépenses qui sont déjà engagées par les collectivités déjà mises à mal dans leurs finances. Réclamer aussi, au cours de cet entretien, plus de moyens pour la lutte contre les sargasses, mais surtout la possibilité d'ouvrir le champ des possibles pour toutes ces solutions innovantes et viables qui pourraient être explorées.
Adapter la collecte aux spécificités des côtes martiniquaises
Présent pour l'occasion, Hugues Toussay, maire du Diamant, a souligné l'importance d'adapter les équipements aux conditions maritimes locales et de fixer des priorités claires :
La Côte-Atlantique n'est pas un côté Caraïbes. Nous, nous sommes dans le canal de Sainte-Lucie, donc il y a des problématiques différentes, des mers différentes. C'est la raison pour laquelle, par exemple, sur des propositions d'équipements sur l'eau, il me devait de poser des questions concernant la mer, notamment du Diamant, qui est une mer particulière. Avant de pouvoir investir, il faut savoir si les équipements qu'on nous propose sont viables. Et je crois que là aussi, nous avons des discussions entre nous, les maires impactés, et je crois qu'il y a un fil conducteur sur lequel nous sommes en phase. C'est d'abord de mettre la priorité sur la santé des Martiniquais. Deuxièmement, et là aussi, on est unanimes à dire que les algues doivent se récupérer en mer et ne pas attendre que ça arrive sur le sable ou dans les mangroves. Je crois que c'est important. Et puis, il faut sortir du concept que les algues sont des déchets, elles sont aussi une solution environnementale.
Le SargaJet, un module de collecte économique
Parmi les innovations présentées figure le Sarga-jet, un dispositif pensé pour faciliter la collecte au large.
Timothé Pagès, ingénieur en charge du développement du projet, en détaille le fonctionnement technique :
C'est un module flottant qui pèse à peu près 60 kilos, qui fait deux mètres d'envergure. On va enfiler des filets le long d'un tube rectangulaire. Les filets vont se remplir de sargasses petit à petit et être largués les uns après les autres. On peut mettre jusque 20 filets dessus et chaque filet contient 500 kilos de sargasses à peu près. Ce n'est pas motorisé, c'est tracté par un bateau et ça permet, entre autres, de collecter derrière les barrages. Sur un SargaJet, on peut mettre 20 filets en même temps. Quand il y en a un qui est plein, il se largue automatiquement et un nouveau se met en place, sans intervention du pêcheur. On a aussi pensé à un système de recharge où là, ce sera infini et pour lequel on peut mettre autant de recharge qu'on veut. Le gros avantage du SargaJet, c'est qu'il est petit, il n'y a pas d'électronique, il n'y a pas de pneumatiques, il n'y a pas d'hydraulique. Il est 100% fabriquable et réparable en Martinique avec des matériaux qu'on trouve partout dans tous les magasins, ce qui fait aussi qu'il est beaucoup moins cher. On ne s'embête pas avec le stockage des filets parce qu'ils flottent. On peut donc en faire autant qu'on veut.
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