[VIDEO] CAP Nord mène une opération scientifique de traçage de la source Morestin au Morne-Rouge
CAP Nord a lancé ce lundi (23 février) une étude de traçage hydrogéologique à la source Morestin du Morne-Rouge, qui alimente près de 70 % de la population de la Côte nord caraïbe en eau potable. Pendant trois mois, des experts cartographieront les circulations souterraines pour mieux protéger cette ressource stratégique contre les pollutions.
Depuis ce lundi 23 février, CAP Nord Martinique mène une étude de traçage hydrogéologique destinée à mieux comprendre les circulations de l’eau qui alimentent une ressource stratégique pour près de 70 % de la population du Nord Caraïbe.
À la source Morestin du Morne-Rouge, une opération scientifique discrète mais essentielle vient de débuter pour une durée prévue de trois mois. Des colorants fluorescents inoffensifs sont injectés dans certains cours d’eau.
Une mission de sécurisation sur le terrain
Ces derniers peuvent provoquer une légère coloration temporaire, sans danger pour la santé, la faune ou la flore. Cette démarche scientifique doit permettre le renforcement durable de la protection de l’eau potable sur le territoire.
Pour Guy Lagrange, guide canyoning et accompagnateur, le traçage et le balisage du tracé menant à la source doivent être réalisés avec précaution. Il est présent aux côtés des différentes équipes afin de sécuriser le sentier permettant d’accéder à la source :
J'interviens d'abord pour ma connaissance du terrain et mes compétences techniques, notamment mon diplôme qui m’habilite à l’encadrement de groupes. Les équipes avaient besoin d’un habitué de la "forêt profonde" pour s'enfoncer jusqu'ici. Ma lecture de carte permet d’anticiper l’itinéraire le plus accessible en étudiant les courbes de niveau. Sur place, il faut toutefois s'adapter au dernier moment à la réalité de la végétation et de l'état du sol, car tout n’est pas visible sur un plan. Certains passages sont plus complexes ; nous les sécurisons donc avec des cordes, exactement comme on équiperait un chantier d'accès difficile pour des travaux acrobatiques.
Caractériser et protéger la ressource en eau
Aurélie Zamolo, ingénieure hydrogéologue au sein du bureau d’études Antea Group, explique que l’étude de la source doit apporter des réponses clés concernant les liaisons avec le lit de la rivière :
L'objectif de la mission d'Antea Group, c'est de caractériser le bassin versant d'alimentation de la source et le contexte d'émergence de la source Morestin. Concrètement, nous allons caractériser les connexions entre les rivières et les nappes d'eau souterraines. Cela permettra de protéger la source, de définir des périmètres de protection autour de celle-ci. Nous sommes en train d'installer le matériel de suivi du traçage, et nous allons installer un fluorimètre et des préleveurs qui vont permettre de prélever l'eau de la source et de l'analyser suite au traçage. Ce traçage consiste à injecter des fluorescents inoffensifs pour l'environnement et la santé humaine. C'est une opération qui a été validée par l'ARS et la DEAL, et qui permet de retracer le parcours d'un potentiel polluant dans les rivières jusqu'à la source.
Un cadre réglementaire pour sécuriser la ressource
De son côté, Loïc Pierre-Gabriel, technicien en protection de la ressource en eau au sein de CAP Nord, considère que l’étude de la source doit permettre d’en assurer la préservation grâce à la mise en place de différents périmètres de protection :
Cette étude de la source Morestin vise à mettre en place des périmètres de protection. Aujourd'hui, nous avons trois niveaux de périmètres de protection. C'est l'hydrogéologue qui va définir ces périmètres-là en fonction du bassin versant de la source et des périmètres de protection immédiats. La collectivité doit acquérir la parcelle clôturée et mettre des panneaux d'affichage interdisant l'accès. Nous avons aussi les périmètres de protection rapprochés. Ce sujet est un plus lié au domaine agricole : souvent, on retrouve des produits phytosanitaires dans les sources, donc il faut en diminuer la quantité. Nous avons également le périmètre de la protection éloignée. Celui-là est lié aux habitations et aux entreprises. Les habitations et les entreprises devront mettre leurs rejets d'assainissement non collectifs aux normes.
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