La réforme des concours de l’enseignement inquiète les syndicats étudiants
Lundi (18 mai), l’Université des Antilles a organisé une conférence de presse, afin de présenter les contours de la réforme des concours de l’enseignement, qui entrera en vigueur à la rentrée 2026.
La réforme des concours de l’enseignement entre en vigueur partout en France à la rentrée 2026. C’est pourquoi, la direction de l'Université des Antilles organisait hier (lundi 18 mai) une conférence de presse, pour présenter les contours de ce nouveau dispositif.
L’une des évolutions de la réforme, concerne l’accès au concours. Désormais, les étudiants qui souhaitent devenir professeurs n’auront plus besoin d’attendre la fin de leur master, ils pourront passer le concours dès leur licence en poche. Une fois lauréats, ils pourront poursuivre leur cursus en master, faire des stages dans des établissements scolaires et surtout être rémunérés.
Face à une baisse du nombre de candidats aux concours des métiers de l’enseignement, 3 000 de moins en 2025 pour le CAPES, cette réforme est la solution pour attirer plus d’étudiants selon Pascal Saffache, vice-président de la Commission de la formation et de la vie universitaire du pôle Martinique :
La première année, ils seront rémunérés 1 400 € et la deuxième année, 1 700 €. On essaye d'attirer les étudiants avec un salaire, mais c'est sûr qu'aujourd'hui, dans certaines disciplines, enseigner ne fait plus rêver.
Des parcours de formation supprimés
Dans cette réorganisation, l’université des Antilles a choisi de supprimer trois parcours de formation : histoire-géographie, arts plastiques, et lettres modernes, comme le précise Pascal Saffache :
Pour l'histoire géographie, en 2023, 2024 et 2025, il n’y a eu aucun admis au concours. Donc, il faut aussi comprendre que l'établissement ne peut pas ouvrir des formations pour lesquelles il n'y a pas d'admis.
Un arbitrage qui révolte les organisations syndicales, à l’image de Cyrille Guieu, secrétaire du syndicat national de l’enseignement supérieur :
On a des budgets universitaires qui sont constants depuis sept ans. Le nombre d'étudiants évolue, mais le budget reste le même. Et c'est ce qui entraîne ces volontés de fermeture de diplôme.
Les étudiants concernés craignent quant à eux pour leur avenir, comme l’affirme leur représentante, Laureen Bonvel-Brieu :
Où est-ce qu'ils vont exercer l'année prochaine ? Aujourd'hui, ce sont les professeurs de lettres modernes, d'art plastique, demain ça peut être ceux de mathématiques. Et puis après-demain, ça peut être les CPE aussi.
Afin d'éviter que ces étudiants ne soient contraints de partir effectuer leur master dans l’Hexagone, l’université ouvrira, à la rentrée, un diplôme universitaire "enseignement et éducation" : un dispositif expérimental plus souple qui permettra de regrouper les trois filières.
Par ailleurs, le président de l’université, Michel Geoffroy, et son vice-président Pascal Saffache, organise une rencontre mercredi (20 mai), avec les enseignants et les chercheurs de l’INSPE, afin d’aborder la question de la réforme.
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