Rapport de la Chambre régionale des comptes sur la CTM : ce qu’il faut retenir de ce diagnostic financier

Par 16/09/2026 - 06:52 • Mis à jour le 16/09/2026 - 12:57

Un rapport de la Chambre régionale des comptes pointe la dégradation financière de la CTM, marquée par une dette proche du milliard d'euros et des dépenses incontrôlées. La collectivité devra débattre de ce diagnostic le 24 septembre prochain.

    Rapport de la Chambre régionale des comptes sur la CTM : ce qu’il faut retenir de ce diagnostic financier

La Chambre régionale des Comptes (CRC) dresse un constat préoccupant sur la situation financière de la CTM.

Entre 2021 et 2024, les dépenses de fonctionnement ont progressé plus vite que les recettes, tandis que la capacité d’autofinancement s’est fortement dégradée.

Dans le même temps, la CTM a investi près d’un milliard d’euros, en recourant largement à l’emprunt.

La dette atteint près de 977 millions d’euros fin 2025 et pourrait dépasser le milliard en 2026.

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La CRC pointe notamment une hausse non maîtrisée de certains frais, une situation financière de plus en plus contrainte et des investissements difficiles à maintenir sans nouveaux emprunts.

"Les voyants étaient déjà allumés"

Analysant la portée de ce diagnostic financièrement critique, Justin Daniel, consultant politique RCI, remonte aux origines structurelles du problème :

Ce constat était en partie prévisible : la dégradation financière figurait déjà en filigrane dans les documents budgétaires. En revanche, ce qui l'était nettement moins, c'est son ampleur réelle une fois les comptes retraités par la Chambre régionale des comptes. Les voyants étaient déjà allumés, mais le rapport montre qu'ils étaient bien plus rouges qu'on ne le croyait. Comment en est-on arrivé là ? Il n'y a pas de cause unique, mais la combinaison de fortes contraintes structurelles : des charges qui augmentent plus vite que les recettes et des dépenses incompressibles, prestations sociales, personnel, qui ne cessent d'augmenter. Une partie des difficultés est ancienne et héritée de la création même de la CTM lors de la fusion des deux collectivités, une démarche qui s'est faite sans outil de pilotage adapté. Nous en ressentons aujourd'hui les effets.

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Des échéances institutionnelles et un impératif d'arbitrage

Interrogé sur les étapes politiques à venir suite à la publication de ce rapport, Justin Daniel détaille la feuille de route juridique et les contraintes de gestion futures :

Concrètement, du point de vue procédural, le président du conseil exécutif devra présenter le rapport de la CRC devant l'Assemblée délibérante, l'Assemblée de Martinique, lors de la prochaine séance plénière. Un an après, il devra revenir pour présenter un rapport précisant les mesures qui ont été prises afin de redresser la situation. Au fond, on peut dire qu'il y a aujourd'hui un vrai enjeu pour la CTM. La première conséquence, c'est une perte de marge de manœuvre. Bien sûr, elle pourra continuer à agir, mais elle ne pourra plus tout financer en même temps. Elle va devoir choisir, hiérarchiser davantage. Elle va devoir programmer plus rigoureusement et démontrer que chaque nouvel engagement est soutenable.

Rendez-vous le 24 septembre

Le prochain rendez-vous institutionnel de la collectivité se tiendra le 24 septembre, à l'occasion de la séance plénière durant laquelle l'Assemblée de Martinique débattra de ce rapport de la CRC.

Les conclusions soulignent une situation financière particulièrement critique pour la CTM.

Pour appuyer cette analyse, la Chambre régionale des comptes pointe un déséquilibre financier structurel, le défaut prolongé de fiabilisation comptable et le non-respect des préconisations antérieures.

Pour Justin Daniel, il est difficile d’identifier un responsable unique à l’heure qu’il est et l'urgence est ailleurs :

Je dirais qu'il serait tout aussi inexact de tout imputer à l'exécutif actuel que de tout renvoyer à l'héritage du passé. Ce qui intéresse les Martiniquais aujourd'hui, c'est de savoir ce qui va se passer.

Pas de mise sous tutelle, mais une obligation de résultats

Avec autant d'indicateurs au rouge, la gestion de la CTM devra nécessairement évoluer. Il convient toutefois de ne pas céder à la panique, comme le souligne Justin Daniel :

Pour rassurer, je dirais que rien ne s'arrête demain matin et qu'il n'y a pas de mise sous tutelle automatique. Mais force est d'admettre que la CTM entre dans une période où elle devra démontrer, budget après budget, que les mesures annoncées produisent réellement des résultats.

Une réorganisation désormais inévitable

Avec un peu plus de 4 000 agents au sein de la collectivité et 1 500 répartis dans une dizaine de structures satellites, la CTM devra impérativement repenser son organisation.

Celle-ci devra désormais s'orienter vers la résolution des problèmes de fiabilité comptable, la sincérité des comptes et le redressement financier.

Dans son rapport, la Chambre régionale des comptes enjoint une nouvelle fois la CTM à se conformer aux règles comptables en vigueur pour rétablir la sincérité de ses bilans.

De son côté, la collectivité s’est engagée à améliorer la qualité de sa gestion via son plan pluriannuel et à mettre en œuvre l’intégralité des recommandations formulées par la CRC.


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