[EN IMAGES] Réparation navale : le bassin de radoub de Fort-de-France tourne à plein régime
Deux ans après sa réouverture, le bassin de radoub de Fort-de-France, long de 180 mètres, accueille tous les types de bateaux, dont un impressionnant navire de croisière de luxe actuellement. Situé au cœur des Caraïbes, il mise sur un savoir-faire local et des standards européens pour répondre aux clients internationaux.
Presque deux ans après la reprise de ses activités, le bassin de radoub de Fort-de-France tourne à plein régime. En 2021, ENA, l'Entreprise Nouvelle Antillaise qui gérait le bassin jusqu'ici, avait été liquidée, après un an de redressement judiciaire.
Comme un garage pour les voitures, cette cale sèche longue de 180 mètres désormais gérée par la société « Chantier Naval de Martinique » est dédiée à la réparation navale.
Et tous les types de bateaux y sont accueillis : du navire de commerce au paquebot de croisière, en passant par les navettes maritimes.
Une trentaine de bateaux par an
Au total, chaque année, une trentaine de bateaux viennent se refaire une beauté dans ce bassin, qui a la particularité de regrouper plusieurs corps de métiers : mécanique, chaudronnerie, peinture ou encore hydraulique.
Ces trois dernières semaines, c’est Le Champlain, bateau de croisière de luxe de la compagnie Ponant, qui était en maintenance. Un bateau de croisière de luxe qui peut accueillir jusqu’à 170 passagers à... 1000 euros la nuit.
Un colossal chantier de peinture
Parmi les gros travaux à mener sur le paquebot : la peinture.
Armé de son pistolet à peinture, Éric couvre de rouge la partie immergée de ce pas de beau long d'environ 130 mètres. Sauf intempérie, il faut compter entre quatre et cinq heures de travail pour refaire la façade entière, mais il a ses petites astuces pour que la tache soit moins pénible.
Moi, j'aime la peinture. Et puis surtout, pour moi, ce n'est pas trop fatigant, parce que comme j'utilise mes deux mains, gauche et droite, même si je suis plutôt gaucher.
Le défi : tenir les délais
Christophe Mourin, chargé d'affaires pour l'entreprise Sipa, supervise la dizaine de peintres qui travaillent sur ce bateau.
Le défi : tenir les délais qui ne dépendent pas seulement de son équipe.
S'il y a des travaux de coque, on va devoir attendre que la tôle soit réparée. S'il y a des travaux sur les lignes d'arbre ou les hélices, c'est pareil. Un chantier naval, c'est un peu comme un être vivant. Il faut que tous les organes fonctionnent ensemble, sinon ça ne marche pas. On a une coordination journalière pour pouvoir sortir le bateau en temps et en heure.
Yannick Simon est le capitaine du Champlin. Parti des Grands Lacs d'Amérique du Nord pour rejoindre l'Amérique centrale, le navire fait escale à Fort-de-France pour ses travaux réglementaires réalisés tous les deux ans.
On en profite pour tout checker : les hélices, les arbres d’hélice, les propulseurs d’étraves, changer les anodes. Beaucoup de travaux difficiles à faire pendant l'exploitation.
Un savoir-faire
Un savoir-faire dont se félicite Jérémy Dehondt, directeur adjoint du chantier naval de la Martinique.
Contrairement à nos différents concurrents dans la zone, on est vraiment basé sur des standards européens. Donc on a vraiment ce savoir-faire, autant en termes d'exécution des travaux qu'en termes de managérial. Savoir piloter un projet de A à Z, c'est ce qu’exigent certains clients comme celui-ci. Il attend un certain standing en termes de réalisation des travaux.
Entre les membres de l'équipage, l'équipe du chantier naval (une vingtaine de personnes) et les sous-traitants, environ 200 personnes sont mobilisées sur le Champlain, qui reprendra sa route vers Curaçao le 23 novembre.
« Au cœur des Caraïbes »
Jérémy Dehondt, l’atout majeur du bassin de radoub de Fort-de-France, c’est sa localisation.
C'est vrai qu'on est au cœur des Caraïbes, ce qui nous permet de toucher un maximum de clients, autant les tankers qui gravitent dans la zone comme les supply offshore, tout ce qui est bateau d'assistance de plateformes, etc. Mais aussi les bateaux de croisière. On a eu énormément d'interventions à quai durant la saison des croisières l'année passée. Là, ça repart aussi sur des chapeaux de roues puisqu'on a le Champlain actuellement en bassin. On a le Royal Clipper planifié en décembre et on a également des demandes pour début 2026, au bassin ou même à flot. Le deuxième atout, ce sont les compétences locales. Malheureusement, on a un peu pâti de la fermeture du bassin de radoub durant la période Covid. Mais en un an, on peut être fiers des ressources locales, puisqu'elles ont su relever le défi. Elles sont montées en compétences sur les différents métiers, autant peinture que mécanique, mais également chaudronnerie.
Stéphane Le Bris, directeur de la société chantier naval de la Martinique, insiste : il n’y a aucun rejet de produits polluants en mer. Tout est traité dans un système de filtration monté sur le bassin.
A SAVOIR
Un outil rare aux Antilles
Les bassins de radoub concurrents de celui de la Martinique se trouvent à Trinidad et à Curaçao, ils ont tous les trois à peu près la même taille.
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