Déficit de Martinique Transport : « On va faire ce qu'on peut », annonce le président de la CTC

Par 10/09/2026 - 05:40 • Mis à jour le 10/09/2026 - 10:02

Saisie par le préfet le 24 août en raison d'un déficit estimé à 45 millions d'euros sur le compte administratif 2025, la Chambre Territoriale des Comptes dispose d'un mois pour examiner les finances de Martinique Transport. Pierre Grimaud, détaille la procédure d'instruction et les scénarios de redressement envisagés.

    Déficit de Martinique Transport : « On va faire ce qu'on peut », annonce le président de la CTC
Pierre Grimaud, président de la CTC (Chambre territoriale des Comptes) // Crédit : Alexandre Giraud (image d'archive)

Saisie par le préfet le 24 août dernier, la Chambre Territoriale des Comptes (CTC) dispose d'un mois pour rendre son avis sur le compte administratif 2025 de Martinique Transport.

Les services de la CTC vont désormais instruire ce volumineux dossier en s'appuyant sur les éléments comptables qui leur seront transmis.

L'objectif premier consiste à vérifier si le déficit "très excessif" d'environ 45 millions d’euros évoqué par le préfet franchit bien le seuil légal de 5 %.

Lire aussi : Martinique Transport : le préfet confirme la saisine de la Chambre territoriale de Comptes, 22% de déficit constaté

Une procédure sous contrainte de temps

Pierre Grimaud, président de la Chambre Territoriale des Comptes de Martinique, revient sur les motivations de la saisine préfectorale et détaille la suite de la procédure, soumise à des délais particulièrement resserrés :

Le préfet a motivé sa saisine. Dès lors qu'il y a un déficit excessif du compte administratif 2025, le préfet est tenu de nous saisir. Et là, ça dépasse largement ce cadre. Il va falloir qu'on instruise dans un premier temps : vérifier si on est au-delà des 5% et, si c'est le cas, voir si le budget 2026 est équilibré à un équilibre réel. Si c'est le cas, la procédure s'arrête. Si ce n'est pas le cas, on doit proposer des mesures de redressement. Et si elles ne permettent pas de redresser le budget dans l'année, on entrera dans le cadre de plans de redressement pour revoir ce budget au fur et à mesure de la résorption du déficit. On a un mois à partir de la saisine complète, mais le mois est assez court, surtout quand ce dossier s'accumule avec d'autres gros dossiers. On va faire ce qu'on peut.

"C'est un gros dossier"

L’examen de ce dossier financier d'envergure représente un véritable défi pour la CTC, qui doit composer avec un calendrier déjà très chargé :

C'est un gros dossier parce que c'est un gros budget. En fonction des effectifs, tout le monde est pris pour réaliser la programmation. Ce n'est pas évident. Il va falloir qu'on instruise, sachant que la Chambre n'a pas que cet avis à rendre : d'autres collectivités sont en plan de redressement en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Ce qui serait bien, c'est que quand les collègues vont commencer à instruire, l'ensemble des parties voient un peu plus clair sur la participation des EPCI pour caler un plan de redressement cohérent avec la volonté politique des membres du syndicat.

Les étapes pour résorber le déficit

Le président de la CTC détaille enfin les différents scénarios envisagés pour assainir la situation financière du syndicat mixte :

Le préfet nous saisit, on émet un avis. Si ce n'est pas possible, le préfet règle. L'année suivante, le syndicat mixte reprend un budget que le préfet nous transfère et on recommence la procédure. On vérifie si le réalisé 2026 a tout pris en compte et si le budget 2027 s'oriente vers une résorption du déséquilibre. C'est grosso modo ce qu'on a fait pour Le Prêcheur et d'autres collectivités de Martinique. Ça dépendra de l'effort des membres du syndicat pour résorber la chose soit cette année, soit sur un nombre restreint d'exercices. Ça dépendra de leur responsabilité. On proposera un plan de redressement qui nous permettra d'être le plus apte et le plus court possible pour retrouver un équilibre.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags