Shatta : l’émergence d’un phénomène de société
Dans son documentaire « Shatta, une génération, deux notes », la réalisatrice martiniquaise Léa Mormin Chauvac explore les origines et l’évolution du shatta, un genre musical devenu, au fil des années, un véritable phénomène de société.
Musique festive pour les uns, véritable phénomène de société pour les autres. En une quinzaine d’années, le shatta s’est imposé comme la bande-son d’une partie de la jeunesse martiniquaise. Désormais, il a conquis la Caraïbe et l’Hexagone.
Derrière ses rythmes percutants, il raconte aussi l’histoire d’une île, ses contradictions, ses aspirations et les débats qui la traversent. En réalisant son documentaire « Shatta, une génération, deux notes », la réalisatrice martiniquaise Léa Mormin Chauvac s’est intéressée à cette histoire.
Un genre en pleine évolution
Un projet qui lui tient particulièrement à cœur et qui lui a permis d’en apprendre davantage sur ce genre musical, tout en bousculant certaines de ses idées reçues, notamment sur la question de l’hypersexualisation des paroles portées par la nouvelle génération :
Je ne m’attendais pas à ce qu’un pionnier comme PSK soit si critique des paroles très explicites dans le shatta actuel. Pourtant, cela paraît assez évident. Dans le débat public, comme on a accusé le rap de promouvoir la violence, on a accusé le shatta de promouvoir l’hypersexualisation. Cela m’a aussi étonnée de voir qu’il y avait des positions très différentes selon les artistes et que cela ne dépendait pas des générations.
Un autre pionnier du genre s’est positionné sur la question :
Dans le film, Danthology explique que, pour lui, le fait que des jeunes femmes évoquent le sexe de façon très crue dans leurs paroles est un juste retour de bâton. Et puis, on voit que, pour d’autres artistes, c’est vraiment une problématique.
Une projection publique était organisée mardi (23 juin), au bar L’Ambassade, à Fort-de-France, en présence de la réalisatrice.
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