Les marins-pêcheurs guadeloupéens sont au bord du naufrage
Une cinquantaine de marins-pêcheurs se sont réunis ce mardi 9 juin en préfecture de Guadeloupe pour exprimer leur colère face à une filière à bout de souffle. Sargasses, chlordécone, restrictions de pêche, prix du carburant : les maux s'accumulent, et les réponses apportées par les autorités n'ont pas dissipé la colère.
La pêche guadeloupéenne coule… Hier, une cinquantaine de marins-pêcheurs se sont réunis en préfecture de Guadeloupe pour faire entendre leur ras-le-bol. Mélange de désespoir et de colère, la rencontre n'a pas apporté les réponses attendues.
Une décision de justice est attendue la semaine prochaine, et avec elle, l'espoir ou la crainte de savoir si la profession peut encore remonter à la surface.
La situation est critique
Le député Olivier Serva est venu soutenir les marins-pêcheurs lors de la réunion. Il n'a pas minimisé la gravité de la situation. Il a dressé un tableau sans concession des difficultés qui s'accumulent sur la filière.
Je constate qu'il y a une souffrance dans la pêche aujourd'hui en Guadeloupe. Personne ne le nie aujourd'hui, à cause des algues rouges qui apparemment se prolifèrent par rapport à la diminution de la température ce qui a été dit, et par rapport peut-être aussi à la pollution liée au mauvais assainissement. Ça empêche la pêche. Les sargasses gênent, le coût du carburant les étrangle. Ils ont les interdictions de pêcher deux mois le lambi, deux mois la langouste, deux mois le poisson-chat. Donc tout ça les étrangle.
À ÉCOUTER Jean-Michel Landré, porte-parole de l'intersyndicale CGT, FO, SYMPA et CFDT, s'est également exprimé lors de cette réunion.
La préfecture veut croire aux solutions
En l'absence du préfet, c'est le secrétaire général aux affaires régionales, Yves Dareau, qui a représenté l'État. Se voulant rassurant face à une salle peu convaincue, il a évoqué plusieurs pistes de travail, parmi lesquelles :
Il faut faire une étude économique, voir si les dispositions de l'arrêté, notamment sur la limitation de pêche, ont un impact véritable sur leur activité. Deuxième chose, un groupe de travail va se mettre en place avec la Direction de la mer sur les algues rouges, sur les sargasses.
Des propositions accueillies avec scepticisme par des professionnels qui survivent au jour le jour et attendent des actions, non de nouvelles études.
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