« On pose des revendications claires » : grève illimitée au pôle paie CSRH Antilles-Guyane de La Poste
À l’appel du syndicat SUD PTT GWA, les agents du service de gestion de la paye du Pôle CSRH Antilles-Guyane débutent une grève illimitée ce mardi 7 juillet 2026. Faute de réponses concrètes de la direction et face à la dégradation de leurs conditions de travail, ils réclament des mesures immédiates.
Face à l'absence de réponses concrètes de la Direction et à la dégradation continue de leurs conditions de travail, les agents du Pôle CSRH Antilles-Guyane à l'appel du syndicat SUD PTT GWA, le service de la Gestion de la paye entament une grève illimitée à compter du mardi 7 juillet 2026.
Cette mobilisation traduit leur détermination à obtenir des mesures immédiates pour garantir le respect des personnels, l'amélioration de leurs conditions de travail et un véritable dialogue social.
Un premier échec des négociations
Les raisons qui ont fait échouer la réunion du 2 juillet avec la direction à Paris et qui ont poussé à mettre à exécution ce préavis de grève illimitée aujourd'hui méritent d'être explicitées.
Sandro Maroudin, secrétaire général de SUD PTT GWA, revient sur ce rendez-vous manqué :
Pour rappel, ce n'est pas la première fois que ça arrive pour nous. En tout cas, lors des négociations préalables au conflit, la direction n'a fait aucune avancée significative ni pris en compte les réalités du pays. C'est pour ça qu'il y a 14 agences sur 17 qui sont en grève aujourd'hui pour défendre ce qui est fondamental pour nous. Lorsque quelqu'un travaille, il faut qu'il le fasse dans les meilleures conditions pour défendre sa santé et sa dignité. Parce que là, on travaille dans un pays qui souffre du chômage. Normalement, le travail c'est pour subvenir aux besoins de ta famille. Mais là, on se retrouve avec des agents qui sont vraiment affectés psychologiquement, des agents qui ont fait un burn out, ou d'autres qui ont dû faire des ruptures conventionnelles. Et c'est pour toutes ces raisons-là que les collègues nous ont mandatés. Ils nous ont dit de faire ça pour qu'on porte au mieux leurs revendications et pour nous sortir au plus vite d'un conflit qui n'avait pas lieu d'être, car on ne demande même pas d'augmentation de salaire ou de prime.
Une pression managériale dénoncée
La situation actuelle pousse également à s'interroger sur la pression managériale des responsables locaux en Guadeloupe dénoncée dans le communiqué, et sur ce que vivent concrètement les agents au quotidien dans ce service paie.
Le secrétaire général du syndicat, Sandro Maroudin, confirme la gravité de la situation sur le terrain :
Oui, c'est tout à fait ça. Parce qu'au départ, il faut voir qu'on est dans un effectif qui est réduit. Et avec ces effectifs réduits, ce sont principalement des départs à la retraite qui ne sont pas du tout remplacés. Alors, les managers qui sont en place mettent la pression sur ceux qui restent pour faire le travail d'une équipe qui devrait normalement être étoffée. Ils mettent la pression pour faire accepter aux collègues l'inacceptable, et c'est pour ces raisons-là que les collègues disent stop.
L'inacceptable au quotidien
Il convient de préciser ce que les grévistes qualifient exactement d'inacceptable dans leurs conditions de travail actuelles.
Sandro Maroudin décrit sans détour la réalité quotidienne subie par le personnel :
C'est des pratiques managériales qui ont détruit les agents, avec pas mal d'intimidations. Ces travailleurs-là ne sont pas écoutés du tout. Les managers infantilisent et ridiculisent les gens. Il n'y a pas si longtemps, il y a un responsable qui est parti à la retraite et qui a proféré des menaces physiques envers des agents. C'est-à-dire que les dirigeants qui sont en place n'ont pas les moyens de recruter. Ça, c'est clair, ils n'ont pas les moyens de recruter, c'est une certitude pour nous, il n'y a pas les moyens d'embaucher.
L'appel au dialogue
La question se pose enfin de savoir quelles garanties sont attendues de la direction et jusqu'où les agents sont prêts à aller si la situation reste bloquée.
Le représentant de SUD PTT GWA conclut en rappelant l'état d'esprit et la détermination des grévistes :
Alors nous, on est en grève, mais on est volontaires, on n'a pas envie de rester en grève indéfiniment. On pose des revendications qui sont claires. Nous attendons une réponse de la direction, nous ouvrons le dialogue, nous n'avons jamais fermé le dialogue. La preuve, c'est qu'on s'est rencontrés le 2 juillet, même si ça n'a rien donné. Une Assemblée Générale s'est tenue encore hier matin et, compte tenu des relevés de décisions que La Poste nous a transmis, face à ça, les collègues ont décidé de se mobiliser jusqu'au moment où la direction prendra vraiment en compte leur souffrance. Parce que là, il y a une souffrance psychologique que les agents ne peuvent plus vivre. C'est vraiment la dégradation des conditions de travail que nous mettons en avant, c'est uniquement la dégradation des conditions de travail.
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