Crise à France Travail : après la rupture des négociations, l'intersyndicale dénonce un manque de considération
La direction de France Travail a quitté la table des négociations après un jour et demi de discussions. L'intersyndicale, qui dénonce la précarité des contrats et la politique nationale de l'emploi, prépare sa riposte et agite désormais le spectre d'une grève générale.
Le dialogue social traverse une crise majeure à France Travail Guadeloupe et Îles du Nord.
Alors que l'établissement public doit répondre au chômage structurel et à la vie chère qui frappent l'archipel, les tensions sont vives entre la direction et l'ensemble des organisations syndicales.
Après seulement un jour et demi de discussions, la direction générale a quitté la table des négociations, provoquant une vive réaction des syndicats qui dénoncent un manque de considération.
La riposte de l'intersyndicale
Face à un projet d'accord jugé largement insuffisant, l'intersyndicale, qui regroupe la CGTG, l’UGTG, FO, la FSU et le SNAP, prépare sa réponse.
Celle-ci critique une gestion déconnectée de la réalité locale ainsi qu'un recours massif aux contrats à durée déterminée (CDD), qui atteignent près de 20 % dans les agences.
Par ailleurs, l'intersyndicale réclame de véritables aides à la mobilité pour les demandeurs d'emploi, en particulier pour ceux de Marie-Galante, des Saintes et de la Désirade.
Témoignage de cette escalade, une grande réunion d'information s'est tenue ce vendredi matin (19 juin) à la salle Rémi Nainsouta à Pointe-à-Pitre. L'éventualité d'une grève générale menace désormais les agences de l'archipel.
Une politique nationale dénoncée localement
Pour Cyprien Lucky, secrétaire de l'UGTG à France Travail Guadeloupe et Iles du Nord, cette crise locale s'inscrit plus largement dans un durcissement global des règles de l'assurance chômage :
C'est une politique qui est menée contre les chômeurs, on les contrôle de plus en plus, on les sanctionne de plus en plus, on leur retire des allocations, on leur réduit leurs droits, les droits aux allocations chômage. Chaque fois, il y a une réforme qui diminue la durée de versement des allocations, également qui diminue le montant des allocations. Il y a eu la dernière réforme sur la rupture conventionnelle qui sera plus indemnisée, pour les personnes de moins de 55 ans, qui sera plus indemnisée jusqu'à 18 mois, mais jusqu'à 15 mois. Plus ça va, plus ça va et plus on cogne sur les chômeurs comme s'ils étaient responsables de leur situation. Et ça dédouane la politique publique qui est menée en faveur de l'emploi. C'est-à-dire que c'est comme si on dédouanait la politique publique qui est menée en faveur de l'emploi et que tout repose sur l'individu, sur le chômeur.
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