Journée mondiale de l'obésité 2026 : la Guadeloupe face au défi d'une mobilisation collective
À l’occasion de la Journée Mondiale de l’Obésité ce 4 mars, la parole se libère en Guadeloupe. Cette lutte contre la précarité, et ce combat face à la stigmatisation médicale, sont souvent difficiles et quotidiens, pour une pathologie qui touche 52 % de la population locale.
En ce mercredi 4 mars, le monde entier se mobilise autour de la Journée Mondiale de l’Obésité. Une journée pour briser les idées reçues, combattre la stigmatisation, et rappeler que cette pathologie touche aujourd’hui plus d’un milliard de personnes sur la planète.
Pour cette journée, Mylène Abancourt, alias Yemouna, a choisi de prendre la parole. Patiente experte en obésité, autrice, conférencière, et créatrice de contenus santé suivie par plus de 40 000 personnes sur les réseaux sociaux, elle aborde ce sujet avec une double légitimité : celle du vécu, et celle d’une formation solide, jusqu’à la Sorbonne.
Des inégalités face aux soins
Depuis plus de dix ans, elle œuvre sur le terrain pour changer le regard que la société porte sur cette maladie. Aujourd’hui, Yemouna s’adresse directement à tous les Guadeloupéens concernés :
Sur notre territoire, nous sommes trop timides par rapport à cette problématique de l'obésité. Et pourtant, on en a besoin parce que la prévalence au niveau de l'obésité et du surpoids, représente quand même 52 % de la population. Donc c'est vraiment fondamental, selon moi, qu'on se mobilise tous parce que l'obésité, c'est pas une question individuelle, mais une question collective. C'est ensemble que nous pourrons faire les choses pour que cela change.
Un constat partagé sur le terrain. Marie-Élise Sextus dirige l'AGOSS, l'association Antilles-Guyane de lutte contre l'obésité, le surpoids et la sédentarité chez l'enfant.
Sur le terrain, elle le constate chaque jour : se soigner ne dépend pas que de la volonté. Derrière la maladie, il y a aussi une question d'inégalité.
Il existe une corrélation directe entre la précarité et surtout le risque de développer cette situation d'obésité. La prise en charge de l'obésité reste un coût. Aujourd'hui, il y a des dispositifs qui proposent des prises en charge gratuites à hauteur d'un nombre de consultations et sur une période, pour pouvoir réduire la prévalence du surpoids et de l'obésité en Guadeloupe.
Un combat quotidien pour les personnes en situation d'obésité
À la précarité s'ajoute souvent la stigmatisation : dans les cabinets médicaux, la rue, ou bien souvent dans le regard des autres, les personnes en situation d'obésité se heurtent à des violences qui laissent des traces.
Gélena, est une jeune femme et créatrice du média afro-caribéen "Faramineuse" sur Instagram, dédié aux femmes rondes. Victime de stigmatisation médicale, elle a choisi de transformer son vécu en combat :
J'ai été très durement traitée par un gynécologue pour les échographies, qui m'avait dit que j'avais trop de graisse viscérale, qu'on ne pouvait pas voir l'enfant, et que c'était inadmissible de se laisser aller dans des états pareils. Le plus dur, c'est qu'on m'a aussi dit qu'il fallait aller chez le vétérinaire pour pouvoir faire une IRM, puisque mon poids dépassait la norme. Ça, c'était très dur. Ce n'est pas une fatalité. La société nous fait croire que nous sommes fainéants, paresseux ou qu'on vaut peut-être moins que les autres par négligence. J'ai refusé que mon obésité me définisse. Il faut vraiment faire un travail sur soi, ne pas écouter les autres et s'occuper de ce qui est le mieux pour notre santé, notre bien-être. On fait ce qu'on peut pour sortir de cette maladie. Personne n'a le droit de nous juger ou de nous dire que faire à part nous-mêmes.
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