Vie chère, eau, délinquance, sargasses : le préfet Thierry Devimeux fait le bilan des priorités de l'État

Par 16/09/2026 - 05:57 • Mis à jour le 16/09/2026 - 06:19

Un an après son arrivée, le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, dresse le bilan des actions de l'État. Invité sur RCI ce mardi (15 septembre), il détaille les mesures engagées face aux priorités du territoire : réseau d'eau, délinquance, sargasses, soutien aux filières économiques et maîtrise de la vie chère.

    Vie chère, eau, délinquance, sargasses : le préfet Thierry Devimeux fait le bilan des priorités de l'État

L’eau, la gestion des sargasses et la lutte contre la délinquance constituent les priorités majeures des Guadeloupéens ainsi que de l’État.

Invité de la rédaction de RCI ce mardi (15 septembre) dans l’émission "Décryptage Sans Langue de Bois", le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, a dressé le bilan de ses actions un an après sa prise de fonction.

"Pas assez de Guadeloupéens paient l'eau"

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Bien que la gouvernance et la structuration du secteur de l’eau connaissent des améliorations, d'importants efforts restent à fournir.

Le préfet a souligné la nécessité pour les usagers de s'acquitter de leurs factures afin de financer les investissements requis, soulignant qu'un nombre significatif de foyers desservis ne payaient pas ce service :

Il n'y a pas assez de Guadeloupéens qui payent leur eau, alors que beaucoup de gens la reçoivent sans régler leur facture. Le syndicat a une idée très précise de la situation : il y a bien plus de personnes qui ne payent pas l'eau que de personnes qui en manquent au robinet. Cela nécessite un sursaut civique de la part de ceux qui bénéficient de ce service. Le paiement alimente la machine financière et permet au syndicat et à sa régie d'investir pour moderniser un réseau à bout de souffle, qu'il s'agisse de l'eau potable ou de l'assainissement. Ces travaux coûteront environ 1,5 milliard d'euros et s'étaleront sur 15 ans. C'est un temps très long.

La question de la délinquance

S'agissant de la sécurité publique, Thierry Devimeux estime que le niveau des effectifs déployés sur le territoire est adéquat.

La stratégie repose sur la complémentarité entre les forces humaines, les collectivités locales et l'usage de technologies modernes :

Nous disposons déjà de nombreux gendarmes, policiers nationalistes et municipaux, douaniers et magistrats. La Cour d'Appel a d'ailleurs installé 14 nouveaux magistrats il y a quelques semaines. Nous avons cette force humaine pour traiter la délinquance. Même si l'on pourrait toujours en avoir plus, cette force doit travailler avec agilité pour s'adapter en permanence. C'est le jeu du chat et de la souris, et il faut s'assurer que les forces de l'ordre restent le chat. La technologie vient compléter ce travail : avec des caméras de vidéoprotection, le délinquant sait qu'il est filmé et ne prend pas le risque d'agir. Et oui, les forces de l'ordre vont désormais partout en Guadeloupe.

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"Il faut sans arrêt expérimenter"

L'échouement continu des sargasses génère des conséquences environnementales et économiques lourdes sur le littoral.

Les équipements de protection en mer ne s'adaptent pas uniformément à toutes les zones côtières de l'archipel, ce qui motive la prise en compte prioritaire des enjeux de santé publique dans le futur Plan Sargasses 3 :

Éviter que les algues s'échouent est complexe. Cela fonctionne à Petit-Bourg, mais pas à Terre-de-Bas ou aux Saintes où les courants arrachent les barrages. Il faut sans arrêt expérimenter, réajuster et adapter nos actions. Une fois sur nos côtes, il faut les ramasser sans abîmer les plages, car un mauvais ramassage retire autant de sable que d'algues et accentue l'érosion. De plus, en pourrissant, ces algues émettent un gaz à l'odeur d'œuf pourri. Au-delà de la gêne, nous devons évaluer son impact sur la santé humaine. Un réseau de sentinelles composé de médecins et de pharmaciens a été activé pour documenter les cas d'irritations oculaires ou respiratoires. Ce travail de caractérisation constitue un très gros volet du plan Sargasse 3 que la ministre des Outre-mer annoncera dans les prochaines semaines.

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Une agriculture souffrante

Le secteur du BTP subit des difficultés de trésorerie liées aux retards de paiement des collectivités, tandis que l'agriculture subit les effets d'une sécheresse historique.

Pour y répondre, l'État prépare la signature de la Charte de la Commande Publique et la mise en œuvre de mesures d'urgence pour les agriculteurs :

Celui qui commande doit payer et ne peut pas faire de la trésorerie sur le dos d'une entreprise qui a exécuté le travail. C'est l'objet de cette charte de la commande publique que je vais signer la semaine prochaine pour assainir les relations entre les collectivités et le BTP, ce qui apportera une vraie bouffée d'oxygène au secteur. L'agriculture souffre aussi, mais en raison d'une sécheresse inédite depuis le début des relevés météorologiques il y a 70 ans. C'est le premier printemps où l'on enregistre aussi peu de pluie. J'ai déjà annoncé le versement d'une prime pour les planteurs de canne. À l'issue du comité sécheresse, je détaillerai la déclinaison locale du plan national du ministère de l'Agriculture afin d'aider vite les agriculteurs, avec de premiers versements dès le mois d'octobre.

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Transparence des marges et lutte contre la vie chère

La maîtrise des prix des carburants et des produits de grande consommation demeure au cœur des interventions des services de l'État.

Outre le maintien de contrôles répétés par la répression des fraudes, l'accent est mis sur la transparence des marges commerciales et le respect des mécanismes de régulation :

Nous menons plusieurs centaines de contrôles par an. La communication récente autour d'une enseigne ciblée sert de rappel à l'ensemble des commerçants : il ne faut pas tricher avec la vie chère et les promotions affichées doivent être réelles. En parallèle, nous faisons un travail de fond avec eux pour maîtriser les prix via le Bouclier Qualité Prix (BQP), qui permet de négocier un panier de produits pour 308 euros et d'éviter les dérapages. La répression des fraudes mène également une étude approfondie sur le calcul des marges des différents intervenants pour garantir aux consommateurs des prix non disproportionnés.


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