Municipales 2026 : les enjeux de la campagne à Pointe-à-Pitre

Par 22/01/2026 - 06:24

Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars 2026. En amont du scrutin, la rédaction de RCI parcourt les 32 communes de Guadeloupe pour explorer les enjeux des municipales. On poursuit avec la commune de Pointe-à-Pitre. Moins peuplée que les autres communes de son agglomération, la ville de Pointe-à-Pitre n’en demeure pas moins stratégique. Mais elle est confrontée à des enjeux de taille quant à l’insécurité et la perte démographique.

    Municipales 2026 : les enjeux de la campagne à Pointe-à-Pitre

Le portrait de la commune 

Pointe-à-Pitre abrite une population en baisse. Au nombre de 14 855 habitants en 2022, soit près de 2 000 de moins qu’en 2016. Moins peuplé que les autres communes de son agglomération, la ville n’en demeure pas moins stratégique.

Avec le déplacement d’une partie des activités vers Jarry Baie-Mahault, Pointe-à-Pitre a perdu une partie de son poids économique direct, mais elle conserve néanmoins des fonctions administratives et institutionnelles et une centralité logistique et commerciale. Avec notamment son commerce de centre-ville, les marchés et les nombreux petits commerces.

Ville aussi d’administrations publiques, de services avec les banques, assurances, professions juridiques, le tribunal judiciaire et des équipements culturels et éducatifs.

La ville fonctionne comme un centre de services pour l’agglomération. Et elle peut compter aussi sur l’attractivité touristique générée par les bateaux de croisière, cette ville portuaire reste le premier hub d’accueil de ces bâtiments sur l’eau en Guadeloupe.

Toutefois, les défis sont nombreux.

Dans cette ville qui accueille la sous-préfecture, on compte une majorité d’employés puis de professions intermédiaires et d’ouvriers. Sans oublier la part des retraités, ils sont plus de 2 500. Le chômage est particulièrement élevé dans la commune. Il est de 22,5% en 2022. Et les revenus moyens sont faibles.

Pointe-à-Pitre concentre de fortes vulnérabilités sociales, ce qui en fait un territoire prioritaire des politiques publiques. Autre enjeu : l’habitat et la rénovation urbaine. Marquée par les dents creuses, un parc immobiliers anciens parfois insalubre et objet de squats et d’incendies.

Sans oublier son point névralgique : la sécurité. Nombreuses sont les agressions par arme qui y sont enregistrées.

Cette ville reste toute de même un haut lieu culturel notamment grâce au carnaval et ses bâtiments historiques.

Ici, on comptait 10 466 inscrits sur les dernières listes électorales de 2024.

L'analyse

À Pointe-à-Pitre, l’élection municipale de 2026 ne sera pas une simple bataille de personnes. Elle s’annonce comme un référendum sur l’état de la ville, sur sa gouvernance et sur la capacité de ses responsables à lui redonner un cap. Cinq candidats déclarés ou en voie de l’être, des fractures profondes, une population en attente de réponses concrètes : le scrutin s’annonce ouvert et hautement politique.

Ville fragilisée, disent beaucoup : insécurité persistante, crise sociale, centre-ville qui se vide, difficultés économiques, tensions récurrentes autour de l’eau et de l’assainissement. Un quotidien lourd et qui nourrit la défiance.

 Dans ce contexte, le maire sortant Harry Durimel, candidat à sa réélection après avoir officialisé sa candidature le week-end dernier, assume la continuité. Il met en avant un redressement financier reconnu par la Chambre régionale des comptes. Mais sur le terrain, les critiques persistent, gestion du quotidien jugée insuffisante, transformations trop lentes, sentiment d’immobilisme pour une partie de la population. 

Face à lui, Loïc Martol, chef de file du Projet Pointois, annoncera demain sa candidature. Il veut incarner une alternative structurée et s’appuie déjà sur un ralliement symbolique, celui de François Péllecuiller, ancien adjoint au maire, très critique sur la sécurité et la gouvernance actuelle. Claude Barfleur fait également son retour dans l’arène politique. Figure bien connue, il prône un réenchantement de Pointe-à-Pitre et appelle au rassemblement, après avoir longtemps évolué dans l’orbite de Jacques Bangou. Alain Soreze, lui, adopte un ton plus offensif, misant sur l’engagement citoyen et la transformation de la colère sociale en action politique. Enfin, Sandra Enjaric, ancienne élue départementale et héritière revendiquée de l’ère Bangou, entend jouer la carte de la proximité et de l’écoute. Elle pourrait bien s’imposer comme arbitre, voire trouble-fête, de ce scrutin. 

À moins de deux mois du premier tour, qui peut réellement remettre Pointe-à-Pitre sur les rails ? Sécurité, attractivité économique, jeunesse, cohésion sociale, gouvernance intercommunale. Les attentes sont immenses et un chiffre pèse lourd : en 2020, plus de 52 % des Pointois ne s’étaient pas déplacés au second tour. Convaincre les abstentionnistes sera sans doute la première bataille à gagner.

Qu'en pensent les Pointois ? 

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