Le député Olivier Serva alerte sur les difficultés du secteur de la pêche en Guadeloupe
Après sa rencontre avec la ministre de la Mer, Catherine Chabaud, le député Olivier Serva dresse un constat sévère sur la politique de la pêche en Guadeloupe. Sargasses, chlordécone et fonds sous-mobilisés fragilisent une filière où les pêcheurs n'excluent pas un nouveau blocage.
Un mois après le blocage du chenal de Pointe-à-Pitre, la colère des marins-pêcheurs reste vive. Après sa rencontre avec la ministre de la Mer, Catherine Chabaud, le député Olivier Serva estime qu'il est urgent de mieux soutenir la filière, confrontée notamment au chlordécone, aux sargasses et à des financements qu'il juge sous-utilisés.
On perd des pêcheurs chaque année. Les sargasses ne nous ont pas aidés, la chlordécone non plus. J'observe par ailleurs que les fonds sur la pêche sont assez sous-mobilisés, d'après ce que la ministre m'a dit. Donc, il faut que l'on puisse, collectivement, les pêcheurs, la région, l'Europe, le gouvernement aussi, pouvoir mieux consommer cet argent pour le renouvellement de la flotte, pour l'aide à la pêche et pour s'assurer que le poisson qu'on va manger dans notre assiette ne soit pas importé alors qu'on a des ressources incroyables aujourd'hui en Guadeloupe.
Une rencontre promise
Un peu plus d'un mois après le blocage du chenal de Pointe-à-Pitre par les pêcheurs, survenu le 2 juin, le député Olivier Serva avait pris part à une réunion avec les pêcheurs et la préfecture. Lors de cet échange, le député a pu aborder la question des VMS (systèmes de surveillance des marins), l'un des principaux points de blocage pour les pêcheurs du territoire. La ministre Catherine Chabaud se serait engagée, via son cabinet, à répondre directement aux pêcheurs.
Mais sur le terrain, la situation est toujours au point mort selon les marins-pêcheurs comme en témoigne Christophe Catherine. Il estime que rien n'a été fait, notamment sur les algues rouges :
En ce moment, j'ai peur pour ma santé parce qu'à chaque fois que je vais en mer, il y a toujours de l'algue rouge. Ça me pique les yeux. Nausée, j'ai envie de vomir. C'est mon métier, mais en ce moment, j'ai peur d'y aller.
L'intersyndicale réclame d'être entendue
Pour Jean-Daniel Barvaut, délégué Force Ouvrière, il faut que les autorités écoutent l'intersyndicale, minoritaire au sein du comité des pêches :
Normalement, c'est prévu qu'on fasse une réunion avec l'intersyndicale et la ministre, et je pense qu'on va pouvoir développer tous les gros problèmes de la Guadeloupe. Le chlordécone, ce n'est pas les pêcheurs qui l'ont mis, ni les sargasses ou les algues rouges. Il faudra qu'un jour, on s'assoie avec nous et qu'on discute avec nous.
En cas de non-réponse, ces pêcheurs n'excluent pas de bloquer de nouveau le chenal. C'est le cas d'Ernesto Saint-Phor :
En l'état des choses, comme on n'est pas entendus et que le préfet ne veut pas nous rencontrer, ça, c'est clair, c'est évident. Ce qui va se passer, encore une fois, ça risque d'être encore plus chaud que le 2 juin. Il risque d'y avoir encore autre chose. Je ne sais pas quand, mais ce n'est pas acceptable.
Selon les pêcheurs, deux visions de la pêche s'opposent aujourd'hui : la pêche traditionnelle et une nouvelle pêche au large. L'intersyndicale espère rencontrer la ministre ou le préfet de région, afin de trouver une issue au conflit.
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