Un gros réseau de passeurs de clandestins devant la Justice

Par • Mis à jour le 20/06/2018 - 05:58

Une quinzaine de personnes était appelée à comparaitre ce mardi devant le tribunal correctionnel pointois. Toutes soupçonnées d’être impliquées dans un vaste réseau de passage clandestin en provenance d’Haïti. Entre 2013 et 2015, on compte près de 50 voyages en bateau, pour environ 600 étrangers entrés illégalement sur le territoire. Un banal contrôle routier a mis à jour l'affaire. Vu la complexité du dossier, la décision a été mise en délibérée au mois prochain.

    Un gros réseau de passeurs de clandestins devant la Justice

C’est un simple contrôle routier opéré par les gendarmes fin 2014 qui a mis la puce à l’oreille des enquêteurs. Des investigations sont alors lancées. Au fil du temps, les agents notamment de la Police aux Frontières, finissent par identifier plusieurs acteurs impliqués de près ou de loin dans ce vaste réseau. Des débarquements en cachette à l’endroit dit "la Coulisse" à Trois-Rivières, entre 22h et 3h du matin. Des récupérations par des chauffeurs de camionnettes, venus de Petit-Bourg ou le Moule. On estime en 2 ans à près de 50 voyages effectués entre Haïti et la Guadeloupe en passant par la Dominique, pour environ 600 clandestins débarqués illégalement sur le sol.

50 voyages pour 600 clandestins

Grace aux écoutes téléphoniques, les principaux organisateurs locaux sont repérés, en majorité d’origine haïtienne aussi. Ils faisaient payer entre 200 et 500€ le passage. Parmi les personnes également impliquées dans l’affaire des mineurs de 17 ans. Une fois sur place, les étrangers usaient de procédures bien huilées, avec remise de faux passeports, faux visas, fausse reconnaissance de paternité…

Le chef de la bande a disparu

Le cerveau présumé du réseau, un certain « Maki » n’a quant à lui jamais été retrouvé mais touchait bien selon les divers témoignages, sa part de commission. Une véritable bande organisée, sur les 16 prévenus poursuivis, seulement 5 étaient présents à l’audience dont 2 guadeloupéens. Le parquet à requis des peines allant de 3 mois à 2 ans de prison souvent avec sursis. Vu la complexité du dossier, la décision des juges a été mise en délibéré au 17 juillet prochain.