Un entraîneur de rugby condamné pour atteintes sexuelles sur deux mineures à Petit-Bourg

Par 04/09/2026 - 07:25 • Mis à jour le 04/09/2026 - 07:34

Un entraîneur de rugby a été condamné ce jeudi (3 septembre) par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre à un an de prison ferme sous bracelet électronique pour des atteintes sexuelles commises sur deux mineures à Petit-Bourg.

    Un entraîneur de rugby condamné pour atteintes sexuelles sur deux mineures à Petit-Bourg
Image d'illustration

Un procès particulièrement chargé en émotions s'est déroulé ce jeudi (3 septembre) au tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre : celui d'un entraîneur de rugby soupçonné d'avoir commis des atteintes sexuelles sur deux mineures à Petit-Bourg.

La première victime était âgée de 10 ans en 2011, et la seconde avait 15 ans en 2021.

L'audience, qui a duré six heures, a été marquée par de vives tensions et de nombreux sanglots au cours des débats.

Un faisceau d'indices et une condamnation ferme

L’homme, qui nie catégoriquement les faits, a écopé d’un an de prison ferme, assorti d’un suivi judiciaire strict.

Il s'agissait d'une procédure éprouvante, conduite sans demande de huis clos afin que les faits soient exposés publiquement.

Le 14 février 2011, Bruno Escarpe, alors âgé de 47 ans, participait à un apéritif entre amis.

Il s’est éclipsé à plusieurs reprises sous prétexte d'aller aux toilettes, choisissant toutefois celles situées dans la chambre où dormaient des enfants.

Selon la fillette de 10 ans, l’homme l’aurait contrainte à des caresses intimes avant de tenter de la déshabiller.

Feignant de dormir, elle a conservé un profond traumatisme de cet épisode, suivi d'un exil en métropole, de plusieurs années de thérapie et de nombreuses souffrances.

Une autre victime, âgée de 15 ans en 2021, aurait également subi des attouchements de la part du prévenu.

Pourtant père de deux filles et marié de longue date, l’intéressé a toujours contesté ces accusations.

Des arguments jugés peu crédibles

Le prévenu a évoqué la vengeance d’une enfant éconduite pour la première plaignante, et de simples gestes de massage sportif pour la seconde.

Les magistrats ont toutefois souligné la similitude des accusations alors que les deux victimes ne se connaissaient pas et ne s'étaient jamais concertées.

Jugeant ses arguments peu crédibles, le parquet a mis en avant un faisceau d’indices concordants ainsi que le traumatisme psychologique persistant des parties civiles.

Le tribunal a condamné le prévenu à un an de prison ferme sous bracelet électronique, à trois ans de suivi socio-judiciaire et à une interdiction de contact avec les jeunes femmes concernées comme avec tout autre mineur, entraînant son inscription au fichier national des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS).

"C'était très difficile, en tant que parents"

À l’issue de l’audience, le père de la première victime s’est confié sur ces années de combat :

Quinze années éprouvantes au cours desquelles notre famille a d'abord failli éclater. C'était très difficile, en tant que parents, de se dire que nous n'avions peut-être pas fait le nécessaire pour protéger notre fille. Puis nous avons mené ce combat judiciaire pendant quinze ans, d'où ce grand soulagement aujourd'hui. Nous avons eu raison de faire confiance à la justice. Pour la santé mentale de notre fille, il était primordial de quitter la Guadeloupe, alors même que nous y avions une vie paisible et bien implantée. Je savais pertinemment que j'avais pensé à me faire justice moi-même, et j'ignorais quelle aurait été ma réaction si je venais à le croiser. Aujourd'hui, l'essentiel était d'être reconnus comme victimes. Quant au prévenu, nous n'attendions pas spécialement mieux de sa part : lorsqu'on se comporte de la sorte, on n'est pas une bonne personne, nous ne comptions donc pas sur ses regrets.


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