Procès d’Ary Chalus : « en essayant de faire le bien, il y a des erreurs qui sont commises »
Le procès d’Ary Chalus pour détournement de fonds publics s’est ouvert ce mercredi (24 juin), devant la 32ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Le président de la Région Guadeloupe y est poursuivi pour des indemnités indues au préjudice de l’Assemblée nationale et de la ville de Baie-Mahault lorsqu’il était député-maire.
« C’est mon cœur qui a parlé ». Le procès d’Ary Chalus pour détournement de fonds publics s’est ouvert ce mercredi (24 juin), devant la 32ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Le président de la Région Guadeloupe y est poursuivi pour des indemnités indues au préjudice de l’Assemblée nationale et de la ville de Baie-Mahault, lorsqu’il était député-maire.
Sa fille et sa compagne sont aussi inquiétées, pour avoir bénéficié de salaires et d'avantages de collaborateurs parlementaires. Toutefois, la procédure concernant la compagne de M. Chalus a été disjointe et renvoyée à juin 2027, cette dernière étant excusée pour raison médicale.
L’examen des faits
Cette première journée porte sur l’examen des faits, singulièrement sur ce qui a été facturé à l’Assemblée nationale. Ary Chalus s’est défendu de toute malveillance face à la Cour sur ce point. Oui, le président de région admet des erreurs, mais de bonne foi, de très bonne foi même :
« Ary Chalus est un homme de cœur qui n’aime pas voir les gens souffrir. Je l’ai fait en âme et conscience, il n’y avait rien pour moi », se défend-il.
Il faut dire que ses indemnités de représentation de frais de mandat payées par l’Assemblée nationale ont servi à bien des choses : des chèques à des administrés pour prendre en charge des frais médicaux, de scolarité ou même des travaux. « Mon signe c’est St Nicolas, le saint des enfants, je suis comme ça, j’aide » assume Ary Chalus.
Des aménagements ont aussi été réalisés dans la maison de sa mère, « c’est là où je travaillais » poursuit-il. Un local doté par ailleurs de matériel électronique, d’une cave à vin à 899 euros ou d’une télé pour près de 3000 euros payé par l’institution, pourtant livrée après son mandat : « ça a été commandé avant mais avec la grève sur le port je l’ai reçue après », indique l’élu.
Des dépenses plus embarrassantes
Mais certaines dépenses sont plus embarrassantes, comme des frais de santé personnels : « c’est le parlementaire qui se fait soigner, pour moi c’était normal » précise ce dernier. Des vêtements achetés durant des vacances aux Etats-Unis « c’étaient des costumes qui me plaisaient ». « Il y avait aussi des vêtements de sport ? », lui rétorque le juge, réponse : « il y’a une salle de sport à l’Assemblée ».
À ceci s’ajoutent des achats de jardinage, bricolage, des places de cinéma, des vêtements pour femmes ou des dépenses vétérinaires pour son chien. « Ça n’a rien à voir, on est d’accord » admet l’ancien député.
Car Ary Chalus reconnaît s’être trompé « en essayant de faire le bien, il y a des erreurs qui sont commises » lance-t-il, déplorant de ne pas avoir été bien formé sur ces sujets à son arrivée au Palais Bourbon :
J’étais saqué par certains partis, on a pas eu les informations et au fur et à mesure on a appris. Ce fonctionnement nous pousse à faire des erreurs.
Il affirme avoir régulièrement interrogé le déontologue de l’Assemblée sur la plupart des dépenses et avoir même contribué à faire des économies sur les billets d’avion : « J’aurais aimé que l’Assemblée nationale me dise merci », confie le président de région qui se dit toutefois prêt à rembourser « tout ce qui n’était pas normal ».
« C’est mon cœur qui a parlé », tente de s’excuser Ary Chalus face à la Cour. « Oui enfin votre cœur, c'était payé par les indemnités représentatives des frais de mandat de l’Assemblée », lui rétorque la procureure de parquet national financier.
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