Le CHU poursuivi pour deux homicides involontaires

Par 21/06/2022 - 18:03 • Mis à jour le 21/06/2022 - 18:02

Comment peut-on laisser deux patients aux urgences, sans surveillance au point qu’ils décèdent. C’est la question que se posait hier le tribunal correctionnel dans deux affaires d’homicide involontaire remontant à 2011 puis 2014. Chose peu banale, le CHU de Guadeloupe, entité morale devait répondre par le biais de ses avocats. 100.000€ d’amende avec sursis ont été requis par le Procureur.

    Le CHU poursuivi pour deux homicides involontaires

En juillet 2011 déjà, un patient de 77 ans est admis aux urgences suite à une chute à domicile. L’homme est placé sur un brancard dans une salle à part, sauf qu’il y est totalement oublié pendant 21 heures. Les secours retrouveront son corps assis sur le sol, en arrêt cardiaque avec de multiples fractures. Ils ne réussiront pas à le réanimer. Un drame qui aurait pu être un cas isolé, mais 3 ans plus tard, en 2014, une autre patiente en fera les frais. 

Une institutrice de 33 ans est elle admise pour des troubles psychiatriques. Mais les chambres d’isolements du CHU n’étant pas fonctionnelles, 1 seule sur 4. Elle est attachée sur un brancard durant 4 jours. Sa famille s’inquiétant, ne pouvait pas non plus la voir ou lui apporter des affaires. Arrivée le vendredi, elle décédera le mardi suivant d’une thrombose. La position couchée, sous contention forcée, aurait formé un caillot sanguin et le fait de l’avoir enfin relevé, aurait causé son décès. 

Le parquet a parlé de faits inexcusables, un manque de moyens et de personnels qui ne date pas d’hier notamment au sein des services publics en général, la défaillance est collective en l'espèce et l’établissement de santé ne peut être que responsable. Il a requis 100.000€ d’amende avec sursis et publication de la décision pour chacune des victimes. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 11 juillet prochain.

Maître Anis Malouche, un des avocats des parties civiles en a dit plus sur la peine demandée : 

 

 

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