Affaire Klodo : mobilisation à Deshaies et Paris après la mise en examen des deux gendarmes impliqués

Par 05/09/2026 - 13:42 • Mis à jour le 05/09/2026 - 20:28

Réunis en conférence de presse ce samedi (5 septembre) à Deshaies et à l'Assemblée nationale, les proches de Claude Jean-Pierre ("Klodo") ont salué la mise en examen de deux gendarmes pour homicide involontaire. Une "première victoire" pour la famille, désormais mobilisée pour obtenir un procès et une condamnation.

    Affaire Klodo : mobilisation à Deshaies et Paris après la mise en examen des deux gendarmes impliqués
Une conférence de presse s'est déroulée simultanément en Guadeloupe et dans l'Hexagone ce samedi (5 septembre).

Près de cinq ans après la mort de Claude Jean-Pierre, surnommé "Klodo", le dossier judiciaire connaît une avancée majeure.

Réentendus la semaine dernière par la juge d’instruction, les deux gendarmes jusqu'alors placés sous le statut de témoins assistés ont été formellement mis en examen pour homicide involontaire.

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Une "première victoire" pour les proches

Cette décision capitale redonne un souffle déterminant au combat de la famille.

Dans ce contexte marquant, une conférence de presse s'est tenue simultanément ce samedi (5 septembre) à Deshaies, en Guadeloupe, et à Paris, notamment au sein de l’Assemblée nationale, afin d'établir un point d'étape sur l'enquête.

Face aux médias, les proches de la victime ont salué une "première victoire" tout en réaffirmant leur détermination à aller jusqu'au bout du processus judiciaire, entourés d'élus et de plusieurs familles de victimes de violences policières.

Une étape décisive soulignée par la défense

Pour la défense de la famille, cette mise en examen marque la concrétisation de longues démarches et de demandes d'actes répétées.

Soulignant la portée symbolique et juridique de cette avancée après des années de stagnation, Me Maritza Bernier, avocate et porte-parole de la famille, réagit à cette évolution majeure :

Dans les affaires comme celle-là, vous n'ignorez pas que généralement, plus le temps passe, plus on s'éloigne d'un renvoi devant le tribunal. Aujourd'hui, l'espoir renaît. Nous avons des réquisitions du parquet dans le sens d'une mise en examen. Tous les voyants sont au vert pour qu'il y ait un renvoi devant un tribunal et in fine un procès. Il faut savoir que les témoins assistés l'étaient jusqu'à la semaine dernière. Ils n'avaient pas été réentendus par une juge d'instruction depuis 2021. Depuis 2024, nous n'avons arrêté, en faisant des demandes d'actes, de réclamer leur réaudition par la juge d'instruction, ce qui a été fait la semaine dernière. Compte tenu de l'avancée du dossier, et compte tenu des images ainsi que des contradictions dans leurs déclarations, la juge d'instruction a estimé devoir les placer en examen, reconnaissant par là qu'il n'y avait plus que des soupçons contre eux, mais des indices graves et concordants.

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"On ne compte pas s'arrêter là"

Si la satisfaction est au rendez-vous, la vigilance reste de mise pour l'entourage de Claude Jean-Pierre.

Conscients du long parcours judiciaire qui les attend encore jusqu'à l'obtention d'une condamnation effective, Fatia Alcabélard, fille de la victime, insiste sur la nécessité de maintenir l'effort collectif :

Ça fait plus de cinq ans qu'on se bat pour cette mise en examen. Ce n'est pas la fin du combat parce qu'on le sait très bien, dans ce type de combat, la route est souvent très longue. Nous continuons vraiment à mobiliser parce que le but aujourd'hui, c'est d'avoir une condamnation. Parce que, pour des condamnations dans ce type de crimes, il faut utiliser les bons mots. Après avoir soulevé des montagnes avec nos conseils et nos soutiens, on ne compte pas s'arrêter là. On va se battre pour avoir cette condamnation, parce que c'est important pour nous et pour la mémoire de mon papa.

"On défend des valeurs de justice"

Remerciant chaleureusement le réseau de solidarité qui les entoure depuis le début,Christophe Sinnan, gendre de Claude Jean-Pierre, rappelle à quel point l'engagement citoyen et la pression publique sont vitaux face aux institutions :

C'est important d'avoir le soutien puisqu'on l'a toujours dit dès le début du combat, c'est la pression populaire, la pression médiatique qui fait qu'on peut suivre et survivre à cet État et à cette justice qui essaient de nous broyer. Ces personnes qui nous soutiennent, ce sont des êtres humains qui se sentent concernés, des finances et des familles qui ont vécu les mêmes drames que nous. Donc ça engendre directement une solidarité presque naturelle. À partir du moment où on défend des valeurs humaines, on défend des valeurs de justice, c'est la mobilisation populaire et politique, celle de la société civile et des militants et qui fait que la société évolue et avance.


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