Homicides de Pâques : "Il faut déranger ces trafics d'armes", réagit Patrice Abdallah, du syndicat policier UN1TE 971

Par 09/04/2026 - 07:23

Trois personnes dont un enfant de 2 ans ont été mortellement blessés par des armes à feu entre dimanche et lundi de Pâques en Guadeloupe. Pour le syndicat de police UN1TE 971, le renforcement des moyens est une obligation.

    Homicides de Pâques : "Il faut déranger ces trafics d'armes", réagit Patrice Abdallah, du syndicat policier UN1TE 971

Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur et Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer se rendront sans doute ce mois-ci aux Antilles. La question de la sécurité sera au centre de ce déplacement.

Et pour cause, la Guadeloupe a enregistré au cours du seul week-end de Pâques trois morts par arme à feu. Un enfant de 2 ans a perdu la vie au Gosier, tandis qu'aux Abymes et à Basse-Terre, ce sont deux hommes qui ont été abattus.

Des faits étalés sur tout le territoire guadeloupéen qui témoignent de l'intense circulation et prolifération des armes à feu dans l'Archipel.

Pour lutter contre ce fléau, les policiers continuent de demander plus de moyens mais aussi une large réaction de la société guadeloupéenne. Patrice Abdallah, secrétaire départemental du syndicat UN1TÉ 971, explique que les policiers ne pourront pas contenir seuls cette vague de violence armée :

C'est l'ensemble du territoire qui est concerné par cette forme de violences. Ça fait longtemps qu'elle est bien installée dans notre département. On se rend compte qu'elle est bien banalisée et surtout, on se rend compte qu'elle est généralisée. Donc, ce ne sont pas des faits qui sont isolés dans des secteurs bien précis. ça veut dire que les armes circulent bien dans le département et que jusqu'à aujourd'hui, les autorités sont toujours sous cette forme de déni et n'entreprennent aucune mesure drastique pour endiguer ces fléaux. Nous avons vraiment un problème structurel et nous avons une spécificité. Nous sommes une île et positionnés dans un bassin caribéen où les armes, les trafics de stupéfiants sont bien installés. Nous avons les côtes poreuses. Nous demandons des mesures pour qu'il y ait plus de surveillance au niveau de ces côtes. Il faut déjà aussi mettre en place un plan marshal. Cela signifie qu'il faut beaucoup plus de sécurisation, beaucoup plus de contrôle et aussi renforcer les services d'enquête qui aujourd'hui sont asphyxiés par le nombre de dossiers et ne peuvent, par manque d'effectif, être efficients.

Accompagnement des jeunes et justice

Le responsable syndical reconnaît également que l'accompagnement social d'une partie de la jeunesse manque de moyens financiers. Par ailleurs, il réclame des sanctions judiciaires fortes contre les criminels et les délinquants :

On sait très bien que les infrastructures prévues pour accompagner justement les jeunes en difficulté dans le département n'ont pas tous les moyens. On ne peut pas contenir justement tous ces jeunes qui sont en difficulté. Dans la stratégie globale, tout le monde, tous les acteurs de cette société ont des choses à faire. Bien entendu, je parle de la justice. Il faut qu'il y ait des décisions fermes qui soient prises à l'encontre des auteurs de ces faits de violences. 

Depuis le début de l'année 2026, on dénombre 12 homicides en Guadeloupe


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