Prolifération des algues rouges : jusqu'à 70 % de pertes pour les marins-pêcheurs de Guadeloupe

Par 03/09/2026 - 08:17 • Mis à jour le 03/09/2026 - 11:59

Impactés par la prolifération de l'algue rouge Cottoniella filamentosa et de nouvelles restrictions de pêche, les marins guadeloupéens déplorent jusqu'à 70 % de pertes. Face à des origines scientifiques encore floues, l'Intersyndicale réclame des aides d'urgence immédiates.

    Prolifération des algues rouges : jusqu'à 70 % de pertes pour les marins-pêcheurs de Guadeloupe
Image d'illustration

La prolifération de l'algue rouge "Cottoniella filamentosa" frappe de plein fouet les pêcheurs de Guadeloupe.

Lors d'une réunion organisée le jeudi 27 août par la Direction de la mer, l'Intersyndicale Pêche 971 a fait état de pertes financières et de production atteignant jusqu'à 70 %.

La peste rouge asphyxie la pêche guadeloupéenne

L'accumulation d'algues sur les filets et les casiers contraint les professionnels à d'incessants retours au port pour nettoyer leur matériel, générant des charges accrues et un temps de travail considérablement rallongé.

Sur le plan de la santé, plusieurs marins signalent des démangeaisons, nausées et maux de tête après exposition.

Bien que l'algue, différente de la sargasse, soit susceptible d'émettre des substances défensives, aucun lien causal avec ces symptômes n'a encore été scientifiquement établi, et l'Agence Régionale de Santé (ARS) ne dispose pas de données consolidées.

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Face à l'absence de protocole sanitaire, de calendrier d'action ou d'indemnisation à ce stade, les professionnels réclament des mesures d'urgence et la mise en place d'un dispositif d'aide spécifique.

Dans l'ombre d'un mystère scientifique

L'origine exacte de cette prolifération reste pour l'instant incertaine. Les experts avancent deux pistes principales.

La première repose sur un éventuel refroidissement des eaux, une baisse de température pouvant favoriser le développement de la Cottoniella filamentosa, bien qu'aucune étude quantitative ne vienne encore corroborer cette explication.

La seconde hypothèse évoque une pollution du milieu marin liée à des déficiences d'assainissement, en s'appuyant sur des travaux traitant des proliférations algales en général.

Toutefois, cette explication reste contestée quant à son application directe au cas présent, l'espèce concernée pouvant différer de celles analysées jusqu'alors.

Des recherches approfondies doivent être menées, mais la collecte de données et les travaux scientifiques associés pourraient s'étaler sur plusieurs années.

Tempête toxique et étau administratif

Entre la prolifération des algues rouges et l'évolution de la réglementation, l'activité des marins-pêcheurs paraît grandement menacée, comme le souligne Jean-Daniel Barvault, porte-parole de l'Intersyndicale Pêche 971 :

Entre 2025 et 2026, les pertes financières atteignent 70 %, notamment en raison des algues rouges. À cela s'ajoute la restitution de l'arrêté préfectoral. Après l'interdiction de pêche de langoustes de mai à juin, une nouvelle contrainte frappera les pêcheurs en octobre et novembre avec l'interdiction de pêche du poisson-chat ainsi que l'utilisation du filet maillant. Dans cette situation, le Comité régional des pêches devait défendre la profession et obtenir des solutions rapides et durables. Or, ils ajoutent encore des contraintes pour la licence, pourtant gratuite. Des critères non votés par le conseil d'administration ont été ajoutés après sa réunion, notamment l'obligation d'être à jour de la CPO et de produire une attestation URSSAF. Les pêcheurs n'ont pas besoin de nouvelles barrières. Ils ont besoin des aides de protection et de solutions immédiates.


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