Un décret permettant de changer un élève d'école en cas de parent violent fait polémique

Par 03/08/2026 - 08:31

Un décret publié au journal officiel le 29 juillet permet désormais de changer un élève d'établissement si le comportement d'un membre de sa famille menace la sécurité du personnel éducatif. Une mesure censée répondre à la hausse des agressions contre les enseignants, mais vivement critiquée par les syndicats.

    Un décret permettant de changer un élève d'école en cas de parent violent fait polémique

Une mesure qui fait grincer des dents chez les enseignants. Selon un décret paru au journal officiel le 29 juillet, un élève de primaire, comme de collège ou de lycée, pourra donc être changé d'établissement si le comportement d'un membre de sa famille fait peser un risque sur la sécurité ou la santé d'un membre de la communauté éducative.

C'est en réponse à la hausse des agressions contre le personnel éducatif que le ministère de l'Éducation a opté pour ce décret. Pour Karine Fronteau, secrétaire adjointe du SNUipp FSU, cette mesure ne répond en rien à la problématique :

Je suis effarée de voir ce type de texte sortir. Ça n'a pu être écrit qu'en l'absence des enseignants ou en l'absence des syndicats. On ne parle pas de l'enfant, on ne dit pas que l'enfant pose problème. On dit les parents.

Un dispositif qui déplace le problème

Il devient donc possible pour le chef d'établissement de saisir le directeur académique des services de l'Éducation nationale afin de procéder à l'inscription de l'élève dans une nouvelle école. Selon Karine Fronteau, cela déplace le problème plutôt que de le régler :

Quand un parent est agressif, si un parent menace un personnel, c'est le travail de la justice, de la police, de régler cette situation. Ce n'est pas au directeur. Et lorsque je regarde le texte, la seule personne qu'on nomme, c'est le directeur. Donc, la première chose qu'un parent violent fera lorsqu'il saura que le directeur d'école a pris cette décision, c'est de venir l'agresser. Là, c'est vraiment déplacer le curseur par rapport à la question qui se pose dans nos écoles : comment faire en sorte qu'il n'y ait plus autant de violences au sein des écoles ?

D'autant plus que cette décision pourrait déstabiliser l'enfant concerné :

Il aurait plutôt fallu s'inquiéter de savoir ce qu'il vit chez lui, plutôt que de le punir en le faisant sortir d'une école, alors que peut-être il n'a rien demandé.

Un accompagnement prévu

Le décret prévoit une prise en charge adaptée et individualisée de l'élève dans son nouvel établissement. Un suivi pédagogique, éducatif et social renforcé sera mis en place jusqu'à la fin de l'année scolaire en cours.

Une nouvelle problématique qui s'ajoute à la liste des sujets sur lesquels les syndicats sont vent debout, alors que la rentrée prochaine s'annonce également marquée par des suppressions d'effectifs.


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