Prix des carburants en Guadeloupe : « Cette augmentation sera plus modérée que dans l'Hexagone »
Dès le 1er avril, les tarifs à la pompe connaîtront une augmentation en Guadeloupe, bien que l'impact reste plus modéré que dans l'Hexagone. Le Préfet confirme la solidité des stocks grâce à la SARA et détaille les dispositifs de soutien prévus pour accompagner les entreprises face à ce nouveau choc énergétique.
Les prix des carburants connaîtront une augmentation à compter du 1er avril, bien qu'il faille encore patienter pour en connaître les montants exacts. Cette hausse restera tributaire de l'évolution des marchés internationaux.
Ce jeudi après-midi (26 mars) à Basse-Terre, prestataires, gérants et représentants des salariés ont exprimé leurs craintes de ne pouvoir faire face à la situation sans des mesures d'accompagnement adaptées, à l'instar de celles prévues dans l'Hexagone.
Stock garanti et hausse modérée en avril
Côté logistique, aucun risque de pénurie n'est à craindre : les réserves sont jugées suffisantes pour parer à toute éventualité. Pourtant, une certaine inquiétude persiste chez les professionnels.
Face aux inquiétudes liées au contexte international, le représentant de l’État et Préfet de la Région Guadeloupe, Thierry Devimeux a fait le point sur la disponibilité et le coût des carburants en Guadeloupe pour les semaines à venir :
Que va-t-il se passer en avril ? D’abord, il faut rappeler que nous bénéficions ici de prix administrés et de la présence d'une raffinerie en Martinique, la SARA, qui sécurise nos approvisionnements. Le premier message essentiel que j'ai transmis à nos partenaires est celui-ci : il n'y aura pas de pénurie de carburant chez nous, contrairement à ce que l'on observe ailleurs dans le monde où la guerre perturbe les flux. La SARA nous garantit une régularité totale. Deuxième point : il y aura effectivement une hausse des prix, car elle est mondiale. Toutefois, grâce à notre mécanisme local de contrôle des prix en Guadeloupe, cette augmentation sera plus modérée que dans l'Hexagone, où le gasoil dépasse parfois les 2,20 € ou 2,40 € le litre. Il est encore trop tôt pour annoncer un chiffre précis ; les calculs sont en cours à la SARA selon les cotations qui évoluent quotidiennement. Nous attendrons donc le dernier moment pour fixer l'impact exact du coût de la matière première.
Un lissage des prix
Au-delà des garanties d'approvisionnement, le représentant de l’État a détaillé les discussions menées avec le gouvernement pour amortir le choc tarifaire, tout en mettant en perspective ces hausses à venir avec la capacité d'adaptation historique de l'économie guadeloupéenne :
Des échanges sont en cours au niveau national entre les services de l’État et le gouvernement pour explorer d'éventuels mécanismes de lissage. Ce qui est certain à ce stade, c'est que si hausse il y a, elle restera bien plus contenue qu'en France hexagonale. Nous prévoyons des niveaux de prix pour le super et le gasoil comparables à ceux que nous avons déjà traversés : pour le super, cela ressemblerait aux tarifs de daébut 2024, et pour le gasoil, à la situation connue en 2022 au déclenchement du conflit en Ukraine. Ce sont certes des augmentations, mais elles correspondent à des paliers déjà surmontés par l’économie guadeloupéenne sans que cela n'arrête sa progression. Notre territoire bénéficie d'une économie résiliente, capable de franchir des étapes difficiles. Mon échange avec les partenaires cet après-midi visait d'ailleurs à confirmer que cette solidité demeure face à la crise actuelle des carburants. Enfin, concernant le gaz en bouteille, qui touche directement le quotidien des foyers, la hausse devrait être particulièrement légère.
Soutien aux entreprises et garantie logistique
Soucieux d'anticiper les répercussions économiques de cette crise, le Préfet a tenu à détailler les mesures de soutien activées pour préserver le tissu local :
J'ai déjà partagé avec nos partenaires les dispositifs d'aide prévus par le gouvernement, notamment le report des cotisations sociales et fiscales ainsi que les prêts de trésorerie qui pourront être sollicités auprès de la BPI. D'autres mécanismes de soutien sont encore à l'étude. L'intérêt de notre réunion aujourd'hui était d'écouter les acteurs du terrain afin que je puisse faire remonter des demandes complémentaires au niveau national. La présence autour de la table des pétroliers, grossistes et distributeurs était également essentielle : je voulais m'assurer personnellement de leur pleine capacité à anticiper et à garantir l'approvisionnement en carburant pour toute la population. Je tiens donc à rassurer les Guadeloupéennes et les Guadeloupéens : il n'y aura pas de pénurie, et la hausse des prix restera bien en deçà de ce que l'on observe dans l'Hexagone.
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