Bilan IEDOM : consommation en berne et surendettement en hausse de 16,2 % au 2e trimestre 2026 en Guadeloupe
Malgré une inflation contenue à +1 %, la hausse des prix de l’énergie et du surendettement pèse sur les ménages guadeloupéens. Selon le dernier rapport de l’IEDOM, la hausse des faillites d’entreprises confirme la fragilisation de la conjoncture au 2e trimestre.
L’économie guadeloupeenne tient-elle le cap ou montre-t-elle de nouveaux signes de fragilité ? Activité des entreprises, consommation des ménages, emploi, prix.
L’IEDOM a dévoilé son diagnostic du deuxième trimestre 2026, résumé par une idée générale : une conjoncture économique fragilisée mais résiliente.
Un moral des affaires en berne
Dans les grandes lignes, le moral des chefs d’entreprise se situe à un niveau particulièrement bas, marqué par un nombre record de défaillances d’entreprises : +10,1 % au cours du deuxième trimestre et +29 % sur un an.
Anticipant déjà une baisse de leur activité pour le second semestre, les dirigeants hésitent à investir.
Pour François Groh, directeur de l’IEDOM Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ce bilan traduit une tendance contrastée, oscillant entre doutes et espoirs :
Leur moral est certainement un petit peu atteint. En tout cas, il y a des enjeux internationaux, des enjeux nationaux, on va parler des élections, mais pas seulement. Donc, ça fait que les chefs d'entreprises ont moins le moral, ils ont moins confiance. Ça se traduit par un souhait d'investissement peut-être un tout petit peu moindre et les projets d'investissement qui pourraient être décalés, voire annulés. La conjoncture se fragilisait. Ça veut dire que l'activité économique ne va pas plus vite. Au contraire, elle a légèrement tendance à ralentir globalement. Elle est résiliente parce que ça n'est absolument pas un effondrement où il n'y a pas d'alerte. C'est vraiment un ralentissement léger sur le deuxième trimestre et la résilience c'est aussi parce qu'il y a beaucoup de projets, il y me des investissements sur le territoire, il y a énormément de création d'entreprises. Et tout cela fait que l'activité économique continue à aller vers l'avant.
Consommation freinée par la hausse de l'énergie
Du côté des ménages, l’inflation globale demeure contenue avec une augmentation mesurée des prix à la fin du mois de juin (+1 % sur le trimestre, après +0,3 % au premier trimestre), soit une évolution très proche de l'Hexagone.
Ce ralentissement s'explique par le recul constaté sur les services (–0,6 %), les produits manufacturés (–0,2 %) et l’alimentation (–0,6 %).
Toutefois, ces baisses sont fortement nuancées par l'explosion des tarifs de l'énergie (+17,1 %), dont le niveau devrait se maintenir élevé en raison des instabilités internationales.
Dans ce contexte où l'inflation modérée masque des prix globalement élevés, la consommation des ménages manque de dynamisme et peine à jouer son rôle de relais de croissance.
Les répercussions se font ressentir dans le commerce et les services marchands, qui enregistrent un recul de leur chiffre d'affaires de 1,2 % au deuxième trimestre 2026.
Cette atonie s'inscrit en outre dans un paysage social tendu, marqué par un taux de chômage de 15,2 % en Guadeloupe, contre 8,1 % au niveau national.
Une hausse du surendettement recensée
Pour faire face à cette situation, les ménages ont davantage recours aux crédits à la consommation (+0,7 % en trois mois), tandis que les populations les plus vulnérables voient leur situation se complexifier.
Les dossiers de surendettement déposés auprès de l'Institut ont progressé de 16,2 % sur le trimestre.
Alexandre Lemaire, responsable des Études à l’IEDOM, analyse cette pression financière qui pèse sur les foyers :
Si on en juge par la consommation, elle reste à un niveau important, élevé. Cependant, elle n'est pas dynamique, elle reste stable. Elle ne représente pas un relais de croissance pour le territoire. S'agissant des ménages, on a également le taux de dossier de ce surdétement qui nous est remis ici à l'Institut, qui augmente sensiblement. Il augmente du fait d'un stock important et on fait un rattrapage pour solder ce stock qui reste en dessous des niveaux de l'Hexagone. Ils font attention, du fait notamment d'une pression inflationnée sur Et cette pression-là, mécaniquement, plus l'incertitude liée aux différentes échéances à venir, peut freiner les ménages dans leur consommation.
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