Violences intrafamiliales en Outre-mer : le député Christian Baptiste réclame la création d'un observatoire dédié
Face au constat alarmant des violences sexuelles intrafamiliales et à la lenteur des procédures, un rapport parlementaire formule 49 recommandations pour réformer le traitement judiciaire de l'inceste et renforcer la protection des mineurs, notamment en Outre-mer.
Depuis l’affaire Lyhanna, du nom de cette collégienne de 11 ans tuée fin mai par un violeur récidiviste, la question des violences sexuelles sur mineurs occupe le devant de l’actualité judiciaire en France.
Un document rendu public le 9 juillet dernier vient éclairer un aspect spécifique de cette problématique : le rapport de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales.
Les chiffres révélés sont alarmants. En France, 80 % des violences sexuelles touchant 160 000 enfants sont commises au sein du cercle familial.
En Martinique, 10 % des femmes et 3 % des hommes se déclarent concernés.
Ces crimes demeurent pourtant très largement impunis : plus de 40 % des dossiers de viols incestueux sont classés sans suite, au terme de procédures qui, faute de moyens suffisants, peuvent s’étirer sur près de dix ans.
49 recommandations pour une rupture judiciaire
Le rapport formule 49 recommandations et préconise une rupture fondamentale avec les pratiques actuelles, en faisant primer la sécurité de l'enfant sur le maintien du lien parental.
Le député guadeloupéen Christian Baptiste, rapporteur de la commission d’enquête, insiste sur l'urgence d'une prise de conscience institutionnelle :
La première recommandation que nous avons formulée vise à créer un observatoire dédié aux territoires d'Outre-mer sur la problématique des violences intrafamiliales et de l'inceste, afin d'obtenir des données fiables. Nous restons très vigilants : nous voulons que le gouvernement se saisisse pleinement de l'ensemble de ces dispositions. Il faut impérativement que les moyens suivent. Au cours des auditions, le même constat est revenu en boucle : un manque de moyens, notamment concernant la spécialisation des enquêtes judiciaires et le nombre de magistrats, mais aussi un manque de volonté politique. Quel que soit le gouvernement en place, nous avons le sentiment que les décideurs n'ont pas encore pris la pleine mesure de ce crime.







