« Je ne m'attendais pas à un tel déferlement de violences » : l'artisane crêpière Joëlle Dambo victime d’une vague de haine raciste
Au cœur de la Bretagne, dans le village de Gomené, une polémique raciste enfle depuis le mois de juin. Sur place, exerce Joëlle Dambo, antillaise d'origine et artisane-crêpière depuis une reconversion en 2023. Elle a remporté le titre de “Championne de France de la galette de blé noir” en 2025, puis celui de l'émission “Le Meilleur de la crêpe” sur France 3, en juin dernier. Mais depuis la diffusion, cette dernière est la cible d'attaques racistes répétées qu'elle tente de combattre avec détermination.
Depuis quelques semaines, le quotidien de Joëlle Dambo a changé. Reconvertie artisane-crêpière en 2023, installée dans un petit village des Côtes d'Armor, cette passionnée de son métier ne se souciait que de l'excellence dans le pur respect de la tradition bretonne.
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Devenue championne de France 2025 de la galette de blé noir, elle accepte, en juin, de participer au concours “Le meilleur de la crêpe” sur France 3. Mais la diffusion bouleverse son quotidien, car Joëlle, bien que née dans l'Hexagone et bretonne d’adoption, est d'origine antillaise, et sa couleur de peau a déchaîné la haine sur les réseaux. Elle revient sur son harcèlement :
C'est clairement ma couleur de peau qui leur pose de soucis. Moi, je suis avant tout une artisane crêpière. Je voulais mettre en valeur mon métier, mon produit, mon travail. Ces attaques ont fait passer ça en second plan. J'ai eu des commentaires qui disaient que les crêpes étaient faites par les blancs pour les blancs et que je devais leur rendre les crêpes. Ça devient hallucinant.
"On doit combattre cette impunité"
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Déterminée, Joëlle a décidé de combattre ce racisme avec un dépôt de plaintes et des appels à l'aide pour compiler la salve d'attaques dont elle est victime. Une réplique qui n'a pas calmé ses détracteurs les plus virulents, au contraire. Elle déplore :
À partir du jour où j'ai porté plainte, les attaques sont devenues de plus en plus virulentes. C'est un sentiment d'impunité. On ne peut plus laisser ces propos se tenir de manière libre et complètement assumée. On doit combattre cette impunité.
L'artisane crêpière regrette d'ailleurs de ne pas avoir été appuyée par les élus de son secteur, mais son histoire a le mérite d'être relayée. Dans les presses locales, mais aussi Libération la semaine dernière, tandis que d'autres médias nationaux l'ont également contactée. En parallèle des attaques, Joëlle Dambo a aussi reçu de nombreux soutiens sur les réseaux ce qui lui donne espoir :
Ces soutiens rappellent que nos valeurs, ce ne sont pas celles de la division, de la haine et encore moins du racisme. Donc oui, effectivement, c'est important de voir que cette affaire, au-delà de ma personne, pose une question sociétale et à laquelle il faut apporter des réponses.
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Et pour que Joëlle retrouve son quotidien, le mieux c'est encore d'aller déguster ses galettes avec la promesse de produits délicieux qui balaye toutes les polémiques racistes.







