Pilules contraceptives : 1,6 million de femmes informées d’un risque accru de méningiome
Environ 1,6 million de femmes ayant utilisé un contraceptif à base de désogestrel vont recevoir un courrier de l’Agence nationale de sécurité du médicament. L’ANSM évoque un risque accru mais « faible » de méningiome et recommande de ne pas interrompre son traitement sans avis médical.
Sont notamment concernés plusieurs contraceptifs à base de désogestrel dosé à 75 microgrammes, comme Antigone, Cerazette, Elfasette ou Optimizette.
Le courrier envoyé aux patientes doit les informer d’un risque accru de méningiome, une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes entourant le cerveau.
Selon l’ANSM, certains symptômes doivent conduire à consulter un médecin : maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre ou du langage, pertes de mémoire ou encore apparition ou aggravation de crises d’épilepsie.
Une IRM cérébrale pourra alors être prescrite.
Un risque jugé « faible »
L’agence du médicament insiste toutefois sur le fait que ce risque reste faible et très inférieur à celui associé à certains autres progestatifs comme Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone ou Depo Provera.
Selon une étude du groupement Epi-Phare menée en 2024, un méningiome lié à la prise de désogestrel concernerait environ une femme sur 67 000.
Le risque augmente avec la durée du traitement : à partir de cinq ans de prise, il concernerait environ une femme sur 17 000.
Il serait notamment plus important chez les femmes de plus de 45 ans et chez celles ayant utilisé auparavant, pendant plus d’un an, un autre progestatif déjà considéré comme à risque.
Ne pas arrêter sa contraception sans avis médical
L’ANSM ne recommande pas aux femmes concernées d’interrompre leur contraception de leur propre initiative.
L’agence souligne qu’un arrêt sans solution alternative pourrait exposer à une grossesse non désirée et conseille d’aborder la question avec un médecin, un gynécologue ou une sage-femme.
Environ 90 000 professionnels de santé ayant prescrit des contraceptifs contenant uniquement du désogestrel doivent également recevoir une information.
Le risque de méningiome doit par ailleurs être ajouté aux notices de ces contraceptifs, à la suite d’une décision de l’Agence européenne des médicaments.
L’ANSM rappelle enfin que toute contraception doit être réévaluée régulièrement en fonction de l’état de santé et des besoins de chaque patiente.







