L'encadrement récent des arrêts maladie fait l'objet de critiques
Depuis hier (1er septembre) une première prescription d’arrêt maladie ne peut plus excéder 31 jours. Jusqu’ici, aucune durée maximale de prescription n’était fixée par la loi. Une mesure présentée comme un outil de maîtrise des dépenses, mais dont l’efficacité est déjà contestée.
Les arrêts maladie seront désormais beaucoup plus encadrés. 31 jours pour un premier arrêt de travail, puis 62 jours au plus pour chaque prolongation. Depuis hier (1er septembre), médecins, sages-femmes et chirurgiens-dentistes doivent respecter ces nouveaux plafonds.
Si l’état de santé d’un salarié l’exige, l’arrêt pourra néanmoins être renouvelé, voire dépasser ces limites si le professionnel de santé le justifie médicalement.
A lire aussi : Santé : l’Assurance Maladie alerte sur les inégalités dans les Outre-Mer
L’objectif affiché est d’harmoniser les prescriptions et de mieux encadrer les arrêts de longue durée.
Mais pour Max Fontès, médecin généraliste au Moule en Guadeloupe, le problème est ailleurs :
Le but est bien sûr de faire des économies sur la santé, mais je pense que l'idée principale est de jeter la suspicion sur les médecins qui feraient beaucoup de complaisances dans la prescription des arrêts de travail. Mais si le problème vient du coût des indemnités journalières, il faut peut-être aussi penser au coût du travail, qui est certainement très élevé en France. Donc forcément, les arrêts de travail vont coûter cher.
Autrement dit, encadrer la durée ne suffira pas si l’on ne s’attaque pas aux causes de la forte progression des arrêts maladie.
A lire aussi : Santé, pouvoir d’achat, environnement… tout ce qui change dès ce 1er septembre
Les troubles psychologiques : première cause des arrêts de longue durée
En France, l’évolution des arrêts maladie a atteint des niveaux sans précédent. Selon les données de l'Assurance Maladie et des baromètres des assureurs, le pays enregistre désormais environ 9,1 millions d'arrêts de travail indemnisés par an, ce qui représente près d’un million de salariés absents chaque jour.
A lire aussi : Santé mentale des hommes : un sujet encore trop souvent passé sous silence
Derrière l'explosion statistique des arrêts de travail se cache un changement profond des pathologies professionnelles.
Si les troubles musculosquelettiques (TMS) restent un problème majeur, les troubles psychologiques (anxiété, burnout, dépression) sont devenus la première cause des arrêts de longue durée.







