Salaires des enseignants : jusqu'à 20 % d'augmentation promis par les candidats à la présidentielle
Les candidats à la présidentielle de 2027 multiplient les propositions pour revaloriser les salaires des enseignants. Aux Antilles, les professeurs et les syndicats témoignent d'une profession en perte d'attractivité malgré une sur-rémunération de 40 %.
C'est un sujet au cœur de la campagne pour la présidentielle de 2027. Les différents candidats ont surfé sur la rentrée scolaire pour dévoiler leurs propositions de revalorisation des salaires des enseignants. Augmentation de 20 % sur cinq ans, suggèrent Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe; 15 % en plus de l'inflation, promet Marine Tondelier. Tous, ou presque, multiplient les appels du pied à une profession qui « se précarise », selon certains syndicats.
D'après le ministère de l'Éducation nationale, un professeur gagnait 3 090 euros en moyenne en 2024. Des chiffres qui excluent les contractuels, qui perçoivent des salaires plus bas et qui représentent pourtant plus de 11 % des enseignants du second degré.
Conditions de travail parfois difficiles, baisse de l'attractivité du métier… Les salaires méritent d'être revalorisés, estiment enseignants et syndicats.
Du contrat précaire à la titularisation
Son CAPES enfin en poche, Xavier-Alexandre, 30 ans, passe cette rentrée d'enseignant contractuel à enseignant stagiaire. Il sera titularisé l'année prochaine, une évolution qui le rassure :
Quand on est contractuel, les contrats peuvent être précaires. J'ai eu une année où on me renouvelait mon contrat toutes les deux semaines.
En Martinique, les professeurs bénéficient en plus de leur salaire d'une sur-rémunération de 40 %, notamment liée à la vie chère.
Si j'étais en France hexagonale, je pense que ça aurait été insupportable, toute cette charge de travail, même psychologique, nerveuse, avec un salaire qui n'est pas extraordinaire.
Une charge de travail et un investissement qui mériteraient bien une revalorisation salariale, selon Josée Saé, professeure d'espagnol :
C'est beaucoup de temps passé à préparer. On achète aussi du matériel, le professeur est un peu psychologue. Si on le fait que pour les sous, on ne tient pas longtemps, à mon avis.
Une attractivité en baisse
Pour certains, le salaire explique en partie la baisse d'attractivité de la profession : -4 % de candidats en 2025 par rapport à l'année précédente. Carl Toussaint, secrétaire général du syndicat SE-UNSA Martinique, analyse :
Depuis plus d'une dizaine d'années, il n'y a pas eu de véritable revalorisation salariale des personnels éducatifs. Il y a aussi la question de l'amélioration des conditions de travail. Augmenter les salaires n'attirera pas davantage, surtout que l'augmentation, quoi qu'on en dise, ne sera pas extraordinaire, alors même qu'ils vont constater que les conditions de travail sont de plus en plus difficiles.
En 2024, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, les professeurs des écoles gagnaient 26 % de moins que les autres diplômés du supérieur, et 18 % de moins pour ceux du secondaire.







