Esclavage : Londres rejette le paiement de réparations après une initiative jamaïcaine auprès de Charles III

Par 07/09/2026 - 17:35

Le gouvernement britannique a rejeté lundi (7 septembre) le versement de réparations pour le rôle passé du Royaume-Uni dans l'esclavage, après le dépôt d'une pétition auprès du roi Charles III par la Jamaïque sur cette question sensible. Le ministère jamaïcain de la Culture avait annoncé dimanche qu'une délégation du gouvernement en visite au Royaume-Uni allait déposer cette pétition "afin de faire avancer la campagne (...) en faveur de réparations pour les ancêtres africains qui ont souffert pendant des centaines d'années d'esclavage".

    Esclavage : Londres rejette le paiement de réparations après une initiative jamaïcaine auprès de Charles III
Statut d'esclave au MACTe @RCI

"La pétition a été déposée", a indiqué lundi sur X le ministère, dans un message accompagné d'une photo de la ministre, Olivia Grange, tenant un document à la main devant le palais de Buckingham à Londres.

La pétition demande au roi, qui est le chef de l'État de la Jamaïque, de renvoyer trois questions relatives à la légalité de la traite transatlantique des esclaves devant la plus haute juridiction d'appel de l'île des Caraïbes, siégeant à Londres.

A lire aussi : Esclavage : un comité de l’ONU prône des réparations généralisées

Selon cette délégation, c'est la première fois qu'un pays du Commonwealth recourt à cette voie juridique pour faire avancer la question des réparations.

"Le Royaume-Uni ne verse pas (de réparations) et n'en versera jamais", a réagi à la mi-journée un porte-parole de Downing Street, interrogé sur l'initiative jamaïcaine.

"La traite transatlantique des esclaves était odieuse et il est certes juste de reconnaître les torts du passé, mais nous continuerons à nous tourner vers l'avenir et à collaborer avec d'autres pays pour relever les défis communs auxquels nous sommes actuellement confrontés", a ajouté ce porte-parole.

A lire aussi : Esclavage : le dossier sensible des réparations financières

Sur le fond, la pétition jamaïcaine sollicite un avis consultatif sur trois questions : l'esclavage des Africains en Jamaïque était-il légal au regard du droit anglais, a-t-il enfreint le droit international, et le Royaume-Uni a-t-il aujourd'hui l'obligation légale d'accorder réparation ?

Dimanche, un porte-parole du palais de Buckingham avait affirmé que le roi Charles III avait "à maintes reprises exprimé son engagement personnel et sans réserve à favoriser une meilleure compréhension de la question de l'esclavage et à trouver des moyens de réparer les torts historiques au profit des communautés d'aujourd'hui".

A lire aussi : Abolition de l'esclavage : le MACTe annonce la création d'une commission sur les réparations

La famille royale britannique a été invitée à plusieurs reprises par des pays victimes de la traite des esclaves, dont le Royaume-Uni a profité pendant des siècles, à présenter des excuses. Elle n'a jamais formulé de telles excuses et s'est abstenue de s'engager à verser des réparations.

De son côté l'Eglise anglicane d'Angleterre a présenté ses excuses pour ses liens passés avec l'esclavage et s'est engagée en 2023 à créer un fonds pluriannuel de 100 millions de livres (environ 116 millions d'euros) pour des investissements dans des communautés affectées par l'héritage de l'esclavage.


À lire également