Cyberharcèlement de l’ex-présidente de l’UNEF, Mélanie Luce : jusqu’à 3 000 € d’amende requis contre les prévenus
Cinq ans après la vague de haine en ligne visant l’ancienne présidente de l'UNEF Mélanie Luce, trois hommes ont été jugés ce mercredi (9 septembre) au tribunal judiciaire de Paris. Le parquet a notamment requis des peines allant jusqu'à 3 000 euros d'amende. La décision a été mise en délibéré au 30 septembre.
Le procès des cyberharceleurs qui s'en étaient pris à l'avocate d'origine guadeloupéenne Mélanie Luce s'est tenu ce mercredi (9 septembre) au tribunal judiciaire de Paris.
En 2021, alors qu'elle présidait l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), elle avait été la cible d'une vague de haine en ligne après une interview sur Europe 1, au cours de laquelle elle avait été injustement soupçonnée de promouvoir des réunions non-mixtes au sein du syndicat étudiant.
Un procès attendu mais des prévenus absents
Cinq ans après les faits, seuls trois hommes comparaissaient devant la justice.
Des amendes allant de 500 à 3 000 euros, assorties de stages de citoyenneté, ont été requises à leur encontre. La décision a été mise en délibéré au 30 septembre prochain.
Si Mélanie Luce déplore le faible nombre de personnes poursuivies, l'aboutissement de cette procédure reste un soulagement :
Je suis contente que ce soit enfin passé, car j'étais présente à chacun des renvois, tout comme ma famille. Nous ne venons pas de Paris, donc tout le monde se déplaçait à chaque fois. Je suis soulagée que cela ait enfin été jugé. En revanche, je regrette que les prévenus ne se soient pas déplacés. J'ai fait le déplacement à chaque audience alors que ce n'est pas moi qu'on poursuit. Je regrette aussi qu'ils soient si peu nombreux sur le banc des prévenus. Une sélection extrêmement restreinte a été faite par le parquet parmi le très grand nombre de messages que j'avais transmis. Dans cette sélection, il manquait notamment un message vocal, diffusé à l'audience, dans lequel un nationaliste blanc affirmait clairement vouloir me tuer. Je ne comprends pas pourquoi cette personne n'a pas été recherchée, il était important pour moi de le souligner. Il faut garder en tête que lorsqu'on dépose plainte, cela peut aller jusqu'au bout, même si ce n'est pas toujours à la hauteur de ce qu'on espère. J'encourage toutes les victimes à porter plainte pour mettre un coup d'arrêt à ces agissements.
Des réquisitions mesurées
L'avocat de Mélanie Luce, Me Eddy Arneton, a également réagi à ces réquisitions :
Ce sont des réquisitions un peu de principe. Le procureur a voulu taper au portefeuille, c'est mesuré. On espère que cela fera réfléchir à l'avenir, mais est-ce qu'on peut avoir une condamnation qui va vraiment réparer l'ensemble des plaies ? Je n'en suis pas certain.
Interrogé sur le fait que cette audience ne juge en réalité que quelques bribes de la vaste tempête numérique subie par sa cliente, et sur la frustration que cela peut engendrer, le conseil de l'avocate a poursuivi :
Des choix d'enquête ont été effectués et l'instruction n'aboutit qu'à trois personnes devant la juridiction, ce qui est peu au regard des plusieurs centaines de messages adressés à Mme Luce. Il fallait naturellement rappeler au parquet qu'il y avait, à notre sens, une défaillance. Les personnes qui se retrouvent derrière leur ordinateur et s'amusent à envoyer des injures racistes ou des menaces de mort doivent savoir qu'on peut les retrouver, et que lorsqu'on les retrouve, la justice s'occupe d'elles. C'est important.







