El Niño se renforce et pourrait devenir l’un des plus puissants jamais observés

Par 03/09/2026 - 09:32

Le phénomène El Niño est désormais solidement installé. L’Organisation météorologique mondiale alerte ce jeudi sur un phénomène qui pourrait devenir très intense d’ici la fin de l’année et se prolonger jusqu’en février 2027. Ses effets peuvent se faire sentir jusque dans la Caraïbe, avec des conséquences possibles sur les températures, les pluies et les épisodes de sécheresse.

    El Niño se renforce et pourrait devenir l’un des plus puissants jamais observés
Illustration. Selon les régions, cela peut se traduire par davantage de sécheresses, des précipitations plus importantes, des inondations ou encore des épisodes de chaleur extrême.

C’est une alerte d’une ampleur inhabituelle que lance ce jeudi l’Organisation météorologique mondiale. El Niño, phénomène climatique naturel qui revient généralement tous les deux à sept ans, est en train de prendre une ampleur exceptionnelle.

L’OMM estime désormais à près de 100 % la probabilité que l’épisode se poursuive jusqu’en février 2027. Son pic est attendu vers la fin de l’année 2026.

Des températures océaniques hors normes

Le signal est particulièrement marqué dans le Pacifique équatorial. Entre mai et juillet 2026, la température de surface de la mer y était en moyenne 1,5 °C au-dessus des normales, avant d’atteindre +2 °C en juillet.

Sous la surface de l’océan, certaines zones affichaient en juillet et au début du mois d’août des températures supérieures de plus de 8 °C aux normales. Ces données témoignent du renforcement rapide du phénomène.

La secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, estime que l’épisode pourrait dépasser les références utilisées depuis plusieurs décennies. L’organisation considère déjà cet El Niño comme faisant partie des épisodes les plus puissants observés depuis 1950.

Sécheresses, pluies et chaleurs extrêmes

El Niño ne produit pas les mêmes effets partout. Mais son influence sur la circulation atmosphérique mondiale peut modifier profondément les régimes habituels de températures et de précipitations.

Selon les régions, cela peut se traduire par davantage de sécheresses, des précipitations plus importantes, des inondations ou encore des épisodes de chaleur extrême. Le phénomène a notamment été associé par le passé à des sécheresses et à des risques accrus d’incendies dans certaines régions d’Amérique latine, d’Australie ou d’Asie, tandis que d’autres zones connaissent au contraire des pluies plus importantes.

L’OMM souligne toutefois qu’il n’existe pas de lien automatique entre l’intensité d’El Niño et la gravité de ses conséquences dans une région donnée. D’autres paramètres climatiques, notamment les conditions observées dans les océans Atlantique et Indien, peuvent modifier les effets locaux.

La menace du réchauffement climatique

L’autre inquiétude tient à la combinaison entre El Niño et le réchauffement climatique d’origine humaine.

El Niño est un phénomène naturel. Mais il intervient aujourd’hui dans un contexte où les températures des océans et de l’atmosphère sont déjà très élevées. Son apparition peut donc accentuer temporairement le réchauffement mondial.

L’année 2024, qui avait suivi le précédent épisode d’El Niño, reste pour l’instant l’année la plus chaude jamais enregistrée. Les experts estiment désormais que 2027 pourrait battre ce record, en raison notamment de la chaleur accumulée dans l’océan puis progressivement transférée vers l’atmosphère.

Pour l’OMM, l’enjeu est désormais d’anticiper les conséquences dans les secteurs les plus vulnérables : agriculture, ressources en eau, santé ou encore énergie. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour préciser l’ampleur réelle de cet épisode exceptionnel.


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