Violences en Haïti : près d'1,5 million de déplacés selon l'OIM

Par 08/06/2026 - 08:30

Les violences des bandes armées qui sévissent en Haïti et surtout à Port-au-Prince ont provoqué les déplacements forcés de 10% de la population du pays.

    Violences en Haïti : près d'1,5 million de déplacés selon l'OIM

Près d'un million et demi de personnes sont actuellement déplacées en Haïti, a alerté vendredi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), s'inquiétant d'une aggravation de la crise humanitaire sur fond de recrudescence de la violence.

"À ce jour, près de 1,47 million de personnes sont toujours déplacées dans le pays. La violence n'est plus circonscrite. Elle s'étend", a déclaré devant la presse à Genève Gregoire Goodstein, chef de mission de l'OIM dans le pays à l'occasion de la publication d'un nouveau rapport.

Haïti, et en particulier sa capitale Port-au-Prince, subissent depuis de nombreuses années la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements.

"Ce à quoi nous assistons, c'est la coexistence permanente de difficultés, de violence armée, de déplacements massifs, d'une insécurité aiguë, de retours forcés à grande échelle, de risques climatiques et d'institutions sous pression à tous les niveaux", a constaté Gregoire Goodstein.

Les attaques armées ne se limitent plus aux zones de conflit traditionnelles. "Aujourd'hui, ce phénomène s'est étendu au centre, au nord-ouest et au sud" du pays d'environ 11 millions d'habitants, a expliqué M. Goodstein.

Les communautés servant auparavant de refuge sont de plus en plus touchées, privant ainsi les populations vulnérables de solutions sûres, selon le rapport de l'OIM.

Les données de l'OIM témoignent d'une escalade rapide de la crise, marquée par des vagues répétées de déplacements.

En mai, plus de 18.000 personnes avaient été contraintes de fuir le bidonville de Cité Soleil, le plus grand de Port-au-Prince, face à la montée de la violence. Quelque 5.000 autres ont aussi été déplacées dans le département du Sud-Est ces dernières semaines.

Ces déplacements sont aggravés par la poursuite des retours forcés en provenance de pays de la région.

Depuis le début de l'année 2026, plus de 110.000 Haïtiens ont été renvoyés de force dans leur pays, selon l'OIM, parmi lesquels des femmes et des enfants.

La plupart de ces personnes trouvent refuge dans des campements surpeuplés ou auprès de communautés d'accueil déjà vulnérables.

"La surpopulation et l'accès limité aux services aggravent les risques en matière de protection, notamment l'exploitation et les abus, tout en exposant des milliers de personnes à une détérioration des conditions humanitaires", a écrit l'OIM.

En pleine saison des ouragans dans l'Atlantique, les inondations et les intempéries pourraient aggraver encore davantage ces conditions de vie déjà précaires, a encore alerté l'OIM.

M. Goodstein a lui insisté sur les difficultés budgétaires de l'OIM, qui "menacent maintenant notre capacité à rester opérationnels au-delà d'octobre".

"Sans un soutien prévisible et continu à notre plan de réponse aux crises, notre capacité à intervenir est en jeu", a-t-il prévenu.


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