Haïti : la Force de répression des gangs ne sera pas au complet avant octobre
En Haïti, la Force de répression des gangs (FRG) soutenue par l'ONU subit des retards logistiques et ne sera pas au complet avant octobre 2026. Un calendrier qui suscite de vives critiques et fait craindre des blocages pour les élections de fin d'année.
La Force de répression des gangs (FRG), groupement de policiers et militaires étrangers soutenu par l'ONU pour venir en aide aux forces de police en Haïti, ne devrait pas être au complet avant octobre, a déclaré mardi son porte-parole, Igor Rugwiza.
Effectifs incomplets avant octobre
"Nous continuons à recevoir de nouvelles troupes qui vont renforcer les rangs de la FRG", a-t-il affirmé sur les ondes de Radio Magik 9 à Port-au-Prince, expliquant que les 5.500 membres attendus ne pourront être rassemblés dans un délai aussi court en raison de contraintes logistiques.
Il a également refusé de préciser, "pour des raisons opérationnelles", le nombre de troupes déjà déployées en Haïti pour aider à lutter contre les gangs qui gangrènent le pays.
En juin dernier, la FRG s'était fixé pour objectif de réduire la capacité des gangs, de reprendre le contrôle de territoires et de sécuriser des infrastructures importantes, comme le port et l'aéroport de Port-au-Prince sous une échéance de deux ans.
D'après Igor Rugwiza, le retard dans le déploiement n'empêchera pas les troupes déjà sur le terrain de faire leur travail.
"Des troupes ont été déployées à Tabarre, à Cité Soleil, dans le département de l'Artibonite et dans le centre-ville de Port-au-Prince. Avec le personnel déjà sur le terrain, nous continuons à étendre notre zone de déploiement et à occuper un peu plus de territoires", a-t-il détaillé.
Des critiques et risques électoraux
Un constat que ne partage pas le défenseur des droits humains Pierre Espérance: "On ne ressent pas la présence de la FRG en Haïti. Elle n'est pas encore opérationnelle. Les bandits continuent d'opérer et d'endeuiller la population."
Interrogé par l'AFP, il a dénoncé des lenteurs dans le déploiement de la FRG et une machine onusienne "très lourde".
Pierre Espérance redoute aussi que ce retard ait des incidences sur le processus électoral enclenché en Haïti.
Le pays s'apprête à organiser les premières élections présidentielle et législatives depuis 2016, ainsi qu'un référendum sur la Constitution.
Le premier tour des différents scrutins doit avoir lieu le 13 décembre 2026 et le second tour le 21 février 2027, selon le calendrier électoral publié fin juillet par le Conseil électoral provisoire.
Mais pour Pierre Espérance, ils seront impossible à organiser si les routes sont encore bloquées par les gangs.







