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Après Irma et Maria, l’aide post-catastrophe en question

Quelques semaines après Irma et Maria, la relation entre ces cyclones dévastateurs et le réchauffement climatique tend à s’imposer. Et transformer une partie de l’Aide Publique au Développement (APD) en aide post-catastrophe est une idée qui fait son chemin. Allen Chastanet, président de l’OECO et premier ministre de Sainte Lucie la prône.
Par Jean-Philippe Ludon, @jpludonrci
Par Jean-Philippe Ludon, @jpludonrci
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Le président de l'OECO A. Chastanet et le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria
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Le président de l'OECO A. Chastanet et le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria ©oecs

Moins de 30 mois après le sommet « Caraïbe Climat 2015 » sur les effets du réchauffement climatique dans la zone des Caraïbes, le passage de plusieurs cyclones dévastateurs dans la région ces dernières semaines met en lumière l’Appel de Fort-de-France lancé le 9 mai 2015 par l’ancien président de la République François Hollande et ses homologues des Caraïbes.

L’ex-chef de l’Etat parlait « d’urgence » à agir. Devant les chefs d’Etat et de gouvernement de la quasi-totalité des pays de la région, il invitait alors la communauté internationale à « ne pas céder à la résignation » car « le pire est à venir ».

Un peu plus de deux ans après cet appel, Harvey, Irma, José et Maria, avec des vents flirtant avec les 360 km/heure pour certains, ont montré un peu, et en quelques semaines seulement, une partie de ce que le pire est à venir pouvait bien signifier.

Le secrétaire général des Nations Unies de passage sur l’île de la Dominique ratiboisée par le cyclone Maria n’a pas tourné autour du pot.

Qu’a dit en substance António Manuel de Oliveira Guterrez ?

Et bien, qu’il ne faisait aucun doute que l’intensité et la fréquence des cyclones aujourd’hui étaient bien liées au réchauffement climatique. Et que les preuves scientifiques étaient aujourd’hui sur la table.

Des fonds de l’APD consacrés à la gestion des catastrophes

Allen Chastanet, président en exercice de l’Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale (OECO en anglais, OECS) et premier ministre Sainte Lucie, n’a pas dit autre chose en se rendant mardi à Paris au siège de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique où il rencontrait le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria.

Selon Allen Chastanet, la Caraïbe est entrée dans une nouvelle ère climatique après les cyclones sans précédent qui ont déferlé récemment sur cette région.

Avant d’ajouter qu’une révision urgente de l’Aide Publique au Développement (APD) s’imposait pour faire face aux menaces climatiques croissantes dans la Caraïbe.

«Comme une famille caribéenne se répand dans les petits États insulaires en développement, nous manquons de résilience, mais nous manquons de ressources en matière de gestion des catastrophes et les réunions que j'ai eues avec le Secrétaire général Gurria se sont avérées fructueuses pour renforcer l'aide de l'OCDE», a-t-il déclaré.

"Alors que l'APD a été principalement utilisée pour promouvoir le développement économique à travers un certain nombre d'instruments financiers, nous examinons une classification de ces fonds afin de s'assurer qu'ils sont également utilisés comme aide post-catastrophe pour arrêter un déclin rapide de l'activité économique suite au changement climatique catastrophes dirigées ».

 

Les participants au sommet Caraïbes Climat 2015
Les participants au sommet Caraïbe Climat 2015 ©jpludonrci

 

Le changement climatique, le plus grand défi moral et économique

Sur la même longueur d’ondes, Didacus Jules, le directeur général de l’OECO a estimé pour sa part qu’il fallait que les grandes économies mondiales prennent bien conscience que le changement climatique est le plus grand défi moral et économique auquel nous sommes confrontés aujourd’hui.

A cet égard, Didacus Jules a repris presque mot pour mot la première recommandation inscrite dans l’Appel de Fort-de-France, lors du sommet régional Caraïbes Climat en 2015.

En l’occurrence, le paradoxe selon lequel « les petits Etats insulaires en développement sont ceux qui sont les plus affectés » sur la planète alors qu’ils sont « ceux qui contribuent le moins au réchauffement climatique ».

« La région Caraïbe, ne contribuant que de manière marginale aux émissions de gaz à effet de serre, fera pourtant partie des zones les plus durement. Ses populations ressentent déjà les effets du dérèglement climatique, qui pourrait entraîner des phénomènes extrêmes plus fréquents, plus intenses, modifier le régime des précipitations, occasionner une acidification et un réchauffement des océans, le blanchissement des coraux, l’élévation du niveau de la mer, l’érosion des côtes, la salinisation des aquifères, l'apparition de nouvelles maladies transmissibles à très forte incidence, une réduction de la productivité agricole, un bouleversement des traditions de pêches… »*

*L’intégralité des recommandations formulées dans l’appel de Fort-de-France est à lire ou à relire en fin d’article.

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