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Le groupe hôtelier Karibéa en redressement judiciaire

Huit hôtels sur les dix que compte le groupe Karibéa sont désormais placés en redressement judiciaire depuis ce mardi (28 novembre 2017). Le groupe Fabre, propriétaire des hôtels se veut rassurant face à une dette estimée à 7,5 millions d'euros.
Par Karl Lorand, Pascale Lavenaire et Jean-Marc Pulvar, Thierry Fundéré (en Guadeloupe)
Par Karl Lorand, Pascale Lavenaire et Jean-Marc Pulvar, Thierry Fundéré (en Guadeloupe)
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hôtel Karibéa
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Les hôtels Karibéa sont presque tous placé en redressement judiciaire. ©Karibéa

Ce mardi, la quasi totalité des hôtels du groupe ont été placés en redressement judiciaire par les tribunaux de commerce de Fort-de-France et de Pointe-à-Pitre. Sont concernés les hôtels Karibéa à Sainte Luce : les Amandiers, Amyris, la résidence Caribia,  la résidence Goëlette à Trinité, et l’hôtel d’affaires Squash à Fort de France.  En Guadeloupe, il s'agit les hôtels Karibéa du Gosier : le Salako, le Clipper et la résidence Prao. L'hôtel d'affaire La Valmeunière à Fort-de-France et la résidence hôtelière Camélia aux Trois-îlets ont été épargnés.

400 salariés inquiets

Dans les rangs des 400 salariés de la chaîne hôtelière, propriété du groupe Fabre, c'est l'inquiétude et la surprise qui dominent. "Nous sommes très surpris. À plus d'un titre. En fait, le PDG nous annoncé qu'il avait décidé de demander une cessation de paiement pour pratiquement tous les hôtels du groupe. Tous les comités d'entreprises se sont réunis de façon extraordinaire mais à ce jour nous n'avons aucun projet. Ils nous a dit des choses mais il nous a remis aucun document. La procédure n'a pas été respectée", remarque José François Haugrain,  le secrétaire du Comité d’Entreprise du Squash Hôtel.

"Lorsqu'il y a redressement judiciaire, le personnel est forcément un peu inquiet. Mais le personnel est prêt à faire en sorte que sur chacun des sites, l'exploitation soit pérennisée. C'est à la direction générale de faire un plan pour prouver que l'entreprise est viable", ajoute José François Haugrain.

7 millions de passif

En 2015,  le groupe avait pourtant conclu un accord amiable avec ses créanciers. En vendant les murs de 4 de ses hôtels,  il avait annoncé qu’il soldait ses dettes. Grâce à cette cession, le groupe avait mené une rénovation de plusieurs établissements et investi près de 4 millions d’euros dans la formation des salariés durant la durée des travaux dans les établissements concernés.

Mais le passif constitué pendant la période de rénovation, environ 7,5 millions d'euros, n'a toujours pas été résorbé malgré les bonnes performances des établissements. "On a une forte activité économique, en fort développement. On est à +27% d'augmentation de chiffre d'affaires à la fin du mois de novembre. C'est pas mal. C'est un indicateur positif. Tous les voyants démontrent que tous les hôtels seront bénéficiaires en 2017. Maintenant, le financement du passif nous met en difficulté. La mise en redressement judiciaire nous permet de retraiter les choses sous la protection du tribunal", explique Patrice Fabre, le PDG du groupe.

Des difficultés en Guadeloupe

Ce dernier pointe également l'attitude de ses concurrents et l'ambiance délétère autours des hôtels de Guadeloupe. "Nos concurrents en Guadeloupe se réjouissent de cette situation. Manifestement, il y a le souhait que nous quittions la Guadeloupe. Je le ressens fortement. Alors que le Karibéa Beach de Gosier a été plein quasiment toute l'année avec des performances exceptionnelles. Cela attise des convoitises. Je sens que mes ennuis viennent de Guadeloupe. En tout cas c'est mon sentiment fort. Il y a une attitude générale désagréable malgré les performances de nos hôtels en terme de remplissage", dénonce Patrice Fabre.

Les tribunaux ont accordé au groupe une première période d'observation de 6 mois.

MAJ : Réactions

Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir Jean-Paul Fischer, le président de la Foncière Karibéa-Gpe, propriétaire des murs des hôtels Prao, Le Clipper et Salako. Il affirme que le groupe ne paye plus ses loyers depuis 2015. "C'est une décision que nous attendions. Nous savons que le groupe Fabre est en difficulté des mois. Il a accumulé les dettes sociales et fiscales depuis la signature du protocole avec l'ensemble des partenaires bancaires en 2015. Et que à cette époque il y avait eu un abandon de créance de 49 millions d'euros. Ce n'est pas un décision qui me convient. La décision qui me convient c'est que les hôtels soient gérés convenablement. Que le groupe Fabre paye ses charges et surtout ses loyers. Ce que monsieur Fabre ne dit pas c'est qu'il n'a pas procédé au payement des loyers depuis 2015. Donc c'est facile de gérer un hôtel dans ces conditions", observe Jean-Paul Fischer.

Une réaction qui n'a pas manqué de faire...réagir Patrice Fabre. Il estime que Jean-Paul Fischer et son groupe qui lui doivent 2,5 millions d'euros et pas le contraire.

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