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Ouragan Maria : 10 jours en enfer à Porto Rico

Un couple de guadeloupéens a vécu le passage de l’ouragan Maria à Porto Rico. Bloqués sans eau, ni vivres, livrés à eux même, ils ont vécu l’enfer.
| par Olivia Losbar
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carte Porto Rico
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Carte Porto Rico

Ils avaient réservé un hôtel dans le Vieux San Juan et auraient dû passer un séjour romantique. Malheureusement pour ce couple de trentenaires, l’ouragan Maria est venu chambouler leurs plans.

Les guadeloupéens sont plutôt confiants en apprenant l’arrivée de l’ouragan sur l’ile. Ils en ont déjà vu d’autres et même si en cette fin du mois de septembre, tout le monde a encore en tête les images de destruction suite au passage d’Irma sur les Iles du Nord, ils sont rassurés par la qualité des infrastructures portoricaines.

Pourtant, dans la nuit du 19 au 20 septembre, l’inquiétude les gagne au fil des heures quand les vents augmentent en intensité. Une nuit terrible, passée à attendre que les éléments qui se déchaînent à l’extérieur, se décident à se calmer.

En fin de matinée, quand le vent tombe enfin, ils sont soulagés.

Mais dehors, ce sont des images cataclysmiques qui s’offrent à eux. Partout des balcons arrachés, des câbles électriques qui pendent au sol, des vitres et des portes, soufflées par le vent.

Leur hôtel n’a heureusement pas trop souffert. Seules stigmates du passage de l'ouragan Maria,quelques tôles qui se sont envolées ici et là. Devant ce spectacle, les jeunes guadeloupéens se doutent que la situation sur l’ile est catastrophique mais ils sont rassurés par l’idée de pouvoir repartir en Guadeloupe deux jours après.

Seulement voilà, rien ne se passe comme prévu.

Conséquence du passage de l’ouragan Maria, l’aéroport de l’ile est en effet fermé et tous les vols suspendus. Impossible de joindre la compagnie aérienne pour avoir des renseignements. Ils tentent également de joindre le consulat de France à Porto Rico, en vain.

Depuis le passage de l’ouragan Maria, l’ile est plongée dans le noir et il n’y a pas d’eau potable. Les communications sont très difficiles. Les jeunes guadeloupéens n’ont aucune information sur la situation dans laquelle se trouve le territoire.

Sur les routes, la circulation est rendue difficile par les nombreux troncs d’arbres qui entravent les voies. Ils évitent de circuler afin de pouvoir rationner leur essence mais malgré cela, elle vient vite à manquer. Les seuls trajets qu’ils s’autorisent : ceux pour se rendre à l’aéroport et tenter de trouver un vol pour rentrer en Guadeloupe.

Le couple doit monter sur le toit de l'hôtel pour pouvoir passer des appels et ce sont leurs proches, en Guadeloupe, qui parviennent à leur donner des nouvelles et prennent en main, à distance, l’organisation de leur rapatriement.

Dans l’hôtel, la vie s’organise comme elle peut. L’eau de la piscine sert pour l’hygiène.

L’établissement a conservé assez de vivres mais pour pouvoir manger, il faut payer en espèces. Il faut aussi payer la chambre à 110 dollars la nuit.

Or sans électricité, impossible de retirer de l’argent. Les billets s’amenuisent donc au fil des jours.

Dans leur secteur plus aucun commerce d’ouvert. Pour trouver les seuls enseignes qui servent encore la population, ils doivent marcher chaque jour près d’une heure. Pour un bien maigre butin, quelques chips ou des biscuits secs, de l’eau et parfois une prise électrique pour recharger la batterie des téléphones portables.

Pourtant, la solidarité s’organise entre les clients de l’hôtel, principalement, des touristes américains.

Au bout de quelques jours, les vols sont de nouveau autorisés mais seuls les américains sont rapatriés vers les Etats-Unis. Pour les guadeloupéens, toujours aucune date de retour.

Ils rencontrent de nombreux compatriotes, tous livrés à eux même. Une seule dit avoir pu prendre contact avec le Consulat sans selon elle, avoir pu obtenir de l'aide ou des renseignements. Certains dorment à l’aéroport, dans l’espoir d’obtenir une place sur un vol.

On leur parle d’un potentiel retour le lundi 25, puis c'est la date du jeudi 28 septembre qui est avancée.

Leur patience atteint ses limites et ils cèdent au désespoir quand on leur annonce qu’aucun vol ne sera possible avant la mi-Octobre.

Heureusement, leurs familles restées sur place en Guadeloupe font des pieds et des mains auprès de la compagnie aérienne et après dix jours d’une interminable attente, le couple regagne enfin la Guadeloupe.

Visage aux traits tirés par la fatigue, ils sont soulagés de rentrer mais nul doute qu’ils se rappelleront longtemps de ce séjour à Porto Rico.

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